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Rideau sur MaPrimeRénov’ !

05 JUIN 2025 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

La mise à l’arrêt – temporaire – de MaPrimeRénov’ a été confirmée mercredi par le ministre de l’Economie Eric Lombard, qui a invoqué la nécessité de faire une pause pour désencombrer le système et de régler la question des fraudes. Un scénario catastrophe pour tout un secteur du bâtiment déjà durement touché par la crise.

MPR 2025 bis

C'est officiel, MaPrimeRénov’ sera bel et bien mis en suspens à compter du 1er juillet pour une durée d’au moins trois mois. Les choses ont été clarifiées mercredi soir par la ministre du logement Valérie Létard. Le Gouvernement déclare profiter de la relative accalmie de l’été pour laisser refroidir un dispositif en surchauffe et, vraisemblablement réfléchir à de futurs aménagements. Cette « pause estivale » doit notamment permettre la mise en œuvre les nouveaux outils de lutte contre la fraude dans les procédures d’instruction des dossiers, indique la ministre.

Dans la pratique, il ne sera plus possible à compter de juillet de déposer des dossiers de rénovation globale individuelle ou de travaux monogestes d’isolation ou de changement de système de chauffage. Précision importante : les copropriétés ne sont pas visées par cette décision et pourront continuer à profiter des aides. A la réouverture du dispositif, un nouveau cadre garantira visibilité, rapidité et fiabilité pour les ménages et les entreprises, promet la ministre. Les dossiers « non frauduleux » déposés avant la fermeture seront instruits et payés dans les meilleurs délais, et une démarche d’accélération de l’instruction sera mise en place, précise encore le communiqué.

Déjà très remontés depuis les premières rumeurs mardi (lire l’article : "Face au spectre d’un gel de MaPrimeRénov’, les professionnels entre colère et sidération"), les professionnels de la rénovation sont sous le choc : « C’est une catastrophe », a déclaré Olivier Salleron, président de la Fédération Française du Bâtiment, qui redoute que les particuliers referment leur porte-monnaie en attendant la reprise du dispositif, avec des conséquences désastreuses sur l'emploi. « Les entreprises n’en peuvent plus, nous allons nous organiser pour descendre dans la rue », a-t-il menacé. La Capeb de son côté dénonce " un choc dévastateur pour l'artisanat du bâtiment, les ménages et nos objectifs environnementaux ", et  évoque une " gestion ubuesque et sans vision " du dispositif. Plaidant pour un parcours de rénovation globale sur plusieurs années, la confédération demande dans l'immédiat que la suspension soit levée a minima pour les monogestes considérés comme " peu vecteurs de fraudes et moins consommateurs de ressources budgétaires."

Pour leur part, les 19 organisations professionnelles (dont la Capeb, la FFB, le Synasav, Uniclima, Coédis ou encore l'Afpac) qui devaient être reçues ce vendredi par le cabinet d'Eric Lombard - un rendez-vous qui avait été pris avant l'annonce de la mise à l'arrêt de MaPrimeRénov' - remettent à présent en question l'utilité de ce rendez-vous et en appellent directement à l'arbitrage du Premier ministre. " Des milliers d'entreprises d'installation, d'artisans du bâtiment, de distributeurs et d'emplois industriels sont directement fragilisés ", préviennent-elles dans un communiqué commun. " Sans rénovation énergétique, c'est également une baisse des rentrées fiscales pour Bercy et des factures en plus pour les Français. "

La profession demande depuis des années de la stabilité et de la visibilité à long terme sur les aides à la rénovation ? Encore raté !

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Pascal Housset, président de l'UMGCCP : 

" On en est déjà à 30 changements depuis le début de MaPrimeRénov' ! "

Pour Pascal Housset, président de l’UMGCCP, cette annonce arrive au pire moment, alors que le secteur du bâtiment a déjà un genou à terre : « Il y a comme un vent de panique depuis hier, le téléphone n’arrête pas de sonner, les clients s’inquiètent de savoir s’ils auront bien les aides qui leur ont été promises. On n’avait pas besoin de ça, alors que de nombreuses entreprises sont déjà en difficulté en raison des délais de traitement des dossiers qui assèchent les trésoreries. Cette annonce ajoute de la crise à la crise. Elle décourage aussi les entreprises à rester dans le dispositif RGE. Beaucoup en sortent et se reportent sur la plomberie, la salle de bains ou encore la maintenance, un métier en plein développement grâce à l’économie du ’faire durer’ plutôt que remplacer ». Sauf annulation (voir ci-dessus), Pascal Housset fait partie de la délégation de responsables d’organisations professionnelles qui devait être reçue ce vendredi à Bercy avec comme objectif de convaincre que la dynamique de travaux profite à tout le monde, y compris à l’Etat. « Les travaux, ce sont des recettes pour l’Etat, des remontées de charges et de TVA ».

Une chose est certaine, ceux qui implorent depuis des années de la stabilité dans les aides et une vision à long terme en sont pour leurs frais. Pascal Housset a compté 30 changements successifs depuis le lancement de MaPrimeRénov’. « Comment voulez-vous que les entreprises comme les particuliers s’y retrouvent ? » Et le président de l’UMGCCP de s’interroger si au final, il ne vaudrait pas mieux cesser de tout miser sur les aides et laisser le marché s’autoréguler. « Ca fonctionne avec la clim qui se vend très bien sans aucune aide et avec une TVA à 20 % ! »

L'INSTALLATEUR

 

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#1 roudier.thierry@orange.fr - 06/06/2025 à 09:50
Ah oui j’oublié : dit papa c’est quand qu’on va où "( Renaud)