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MaPrimeRénov' : ce qui se dessine après la réunion au ministère

17 JUIN 2025 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

Rebondissement dans le feuilleton estival MaPrimeRénov’. Comme nous l’annoncions lundi, le gouvernement a finalement renoncé à fermer pendant l’été le guichet pour les travaux monogestes. Les travaux simples, tels que le remplacement d’une chaudière ou la pose d’un isolant pourront donc continuer à être subventionnés normalement, au grand soulagement des professionnels du bâtiment. Le point sur les dernières informations, suite à la réunion de concertation avec la filière professionnelle qui s'est tenue mardi au ministère du logement.

MPR 12 2025

Le rétropédalage du gouvernement sur les monogestes a tourné, une fois n'est pas coûtume, à l’avantage des professionnels qui avaient crié haut et fort à l’injustice et menaçaient de descendre dans la rue. Le message est visiblement passé… Seules les aides financières accordées aux rénovations d’ampleur, celles qui combinent plusieurs travaux, seront donc mises en pause pendant l’été,  plus tôt que prévu, dès lundi 23 juin, et non plus à compter du 1er juillet comme il avait été initialement annoncé. Et cela jusqu’à nouvel ordre, à une date qui n'est pas encore arrêtée, vraisemblablement autour du 15 septembre. Les raisons officielles invoquées pour cette mise entre parenthèses des rénovations d'ampleur : un afflux qualifié de massif de dossiers, des services engorgés et des délais d’instruction qui se sont allongés, passant de 70 à 105 jours en moyenne. Le ministère fait état de 44 162 dossiers déposés dans le cadre de parcours accompagnés depuis le début de l'année, contre 78 550 dossiers de travaux monogestes.

16 000 dossiers "suspects"

Surtout, et c'est là le vrai problème, les montants d’aides, plutôt généreux, octroyés par MaPrimeRénov’ aux travaux de rénovation d’ampleur ont ouvert la porte aux fraudeurs de tous bords. Quelque 16 000 dossiers potentiellement suspects auraient été déposés depuis le début d’année. Parmi les fraudes pratiquées : usurpation d’identité, faux diagnostics, travaux fictifs, ou encore collusion avec des entreprises de travaux, implication de réseaux parfois basés à l'étranger. Des Accompagnateurs Rénov’ peu scrupuleux sont explicitement montrés du doigt, une centaine environ. Dernier point, il a été constaté entre 2024 et 2025 une augmentation du coût des travaux de l’ordre de + 7 %, sans rapport réel avec l’inflation sur la même période, qui s'établit environ à 2 %. 

Autant de raisons qui ont poussé à la mise entre parenthèses de MaPrimeRénov’ pour les rénos d'ampleur pendant l’été, afin de repartir à l'automne sur de nouvelles bases. " L'objectif de cette fermeture est de déployer toutes les mesures de lutte contre la fraude sur la rénovation globale individuelle et de prendre les sanctions à l'encontre des Accompagnateurs Rénov' frauduleux ", prévient le ministère. Mais, insiste-t-il, elle n’est en aucun cas liée à des problèmes budgétaires. " Les caisses ne sont pas vides, contrairement à ce que l'on a pu entendre ", fait-il savoir. Sur un budget de 3,6 milliards d’euros alloué au dispositif en 2025, environ 1,5 milliard auraient été engagé à ce jour. On reconnaît toutefois qu’au rythme actuel de dépôt de dossiers de rénovation d’ampleur, et au vu des montants distribués, le budget ne permettrait pas de tenir jusqu’à la fin de l’année, mais plutôt jusqu’à fin septembre. Pour information, le coût moyen des rénovations d'ampleur s'élève à 59 197 €, avec une aide moyenne de 41 201 € versée par l'Etat.

Ce qui se dessine

A priori, les règles ne devraient pas changer dans l'immédiat pour les rénovations par geste, du moins jusqu'à la fin de l'année. Pour 2026, rien n'est moins sûr... En ce qui concerne les rénovations d'ampleur, les pouvoirs publics affichent clairement leur intention de recentrer les aides sur les logements les plus énergivores, aux classements les plus défavorables. Par exemple, les logements classés D en seront vraisemblablement exclus, même s'ils ne représentent que 7 % des dossiers. L'idée est de concentrer les aides là où elles sont le plus efficaces. Par ailleurs, reconnaissant la générosité du dispositif - jusqu'à 70 000 euros d'aides voire davantage avec le bonus sorties de passoires thermiques, ce qui incite parfois à gonfler les dossiers - le gouvernement envisage d'abaisser le plafond maximal de travaux subventionnables, vraisemblablement à hauteur de 50 000 euros. " Ces mesures vont permettre de lutter contre l'augmentation du coût des dossiers et aussi, accessoirement contre la fraude, en rendant le dispositif moins attractif ", plaide-t-on au ministère. Les certificats d'économie d'énergie seront mis à contribution pour financer la rénovation d'ampleur, à hauteur d'envion 250 millions d'euros en année courante. Le ministère s'engage également à faciliter l'accès au marché de la rénovation énergétique pour les plus petites entreprises. C'est une revendication de longue date de la Capeb qui juge la complexité de l'accès à la qualification RGE pour les TPE nuisible à la dynamique de rénovation. Une réforme du dispositif RGE par le développement de la validation des acquis de l'expérience (VAE) devrait ainsi voir le jour cet été. Autre cheval de bataille de la Capeb, la création de groupements momentanés d'entreprise devrait être facilitée. 

Une seconde réunion de concertation en présence de la ministre Valérie Létard et des acteurs professionnels du secteur du logement et de la construction est prévue vers la mi-juillet afin d'avancer sur ces pistes qui devront définir les contours futurs du dispositif. A suivre donc...

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La vérité sur la fraude

Le ministère du logement a  tenu à rétablir la vérité sur le coût réel des fraudes. S’il a souvent été fait état d’un montant de 400 millions d’euros de fraudes, ce chiffre s’étale en vérité sur les quatre années d’existence du dispositif et concerne à la fois MaPrimeRénov’ et les CEE, indique le ministère qui se veut précis pour lever les doutes : en 2024, quelque 229 millions de fraudes ont été évitées, correspondant à 44 000 dossiers jugés suspects. S’agissant des fraudes avérées, c’est-à-dire pour lesquelles des aides ont été indûment versées, et qui font l'objet de procédures de contentieux et de recouvrement, leur montant s’élève à 8 millions d’euros. Enfin, les dossiers présentant une suspicion de fraude, mais sans que celle-ci soit avérée, et névessitant une enquête approfondie, portent sur un montant d'environ 50 millions d’euros. 

L'INSTALLATEUR

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