L’idée d’un certificat de conformité pour toute nouvelle installation de pompe à chaleur air/eau suit son cours. Par souci de simplification, plusieurs voix s’étaient élevées ces derniers mois pour défendre cette piste, dénonçant l’empilement des contrôles, parfois trois voire quatre pour une même installation. Dans un communiqué délivré hier, le syndicat d’industriels Uniclima enfonce le clou, estimant que cette mesure qui a fait ses preuves dans le domaine des installations de gaz permettrait, outre de simplifier les démarches, de « diminuer les fraudes, accélérer les versements des aides aux particuliers et redonner confiance ».

Le syndicat plaide par ailleurs pour la création d’un fonds dédié à la rénovation afin d’alléger le reste à charge des ménages. Ce fonds serait basé notamment sur l’épargne des Français et géré par les banques ou organismes financiers qui délivreraient des prêts à taux bonifié, voire à taux zéro pour les plus modestes. Enfin, vieux serpent de mer, Uniclima milite pour une simplification des systèmes d’aides (MaPrimeRénov’ et CEE), plaidant dans un premier temps de stabiliser en 2025 les dispositifs dans leur forme actuelle avant d’entamer une réflexion plus large avec la filière sur des pistes de simplification et d’efficacité.
Au travers de ce communiqué, Uniclima veut attirer l’attention des parlementaires, alors que s’ouvrent les débats sur le projet de loi de finances, sur la nécessité de créer une dynamique de relance de la rénovation énergétique des bâtiments
« Uniclima reste convaincu qu’investir dans la rénovation énergétique est bénéfique à plus d’un titre car cela permet de soutenir la fabrication d’équipements majoritairement français et de créer des emplois non délocalisables au sein des PME d’installateurs et de maintenance présents sur l’ensemble du territoire », déclare Stanislas Lacroix, président d’Uniclima, porte-parole de 70 industriels du génie climatique représentant 87 usines en France et 23 500 emplois à eux seuls.
Plusieurs mesures envisagées dans le projet présenté à l’Assemblée nationale risquent d’être contreproductives, dénonce le syndicat, dont la question cruciale du relèvement du taux de TVA sur les chaudières à 20 % ou encore le budget alloué à MaPrimeRénov’, ramené à 2,3 milliards d’euros en 2025, contre 3 milliards cette année.
« Nous comprenons la logique du gouvernement dans la situation actuelle de baisser l’enveloppe globale de MaPrimeRénov’ 2025 à hauteur des dépenses de 2024. Mais dans la mesure où le budget consommé en 2024 est le reflet d’un coup d’arrêt très net sur les marchés de la rénovation, les industriels craignent que ce niveau reste insuffisant pour parvenir à relancer l’activité, même si par ailleurs nous nous réjouissons d’avoir été entendus sur le maintien de l’éligibilité aux aides des gestes simples de rénovation, indispensables pour atteindre les objectifs de neutralité carbone d’ici 2050 », a déclaré pour sa part Camille Beurdeley, déléguée générale d’Uniclima.
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