Pour soutenir une activité au ralenti, les professionnels de la piscine s’intéressent au gisement de la rénovation du parc existant.

L’heure n’est plus à la fête. Paradis de la piscine privée, la France a vu ses ventes plonger en 2023, conséquence conjuguée du contexte économique difficile et d’une météo défavorable. Après les années fastes post covid, la construction de piscines neuves a nettement ralenti l’an dernier, avec 123 000 nouvelles piscines (58 000 enterrées et 65 200 hors sol), un chiffre en retrait de – 16 % par rapport à 2022. Les perspectives pour l’année en cours ne sont guère meilleures. A fin septembre, le secteur affichait déjà un retard de – 17,5 %, laissant envisager un atterrissage à environ 94 000 nouvelles piscines en fin d’année. Un score décevant auquel n’étaient plus habitués les professionnels du secteur. « C’est faible, mais cela reste supérieur à 2019 », veut se consoler Stéphane Figueroa, président de la Fédération des professionnels de la piscine et du spa (FPP). Malgré ce coup de froid, l’Hexagone demeure le 1er marché de la piscine en Europe et se classe au 3ème rang mondial derrière le Brésil et les Etats-Unis. On recense sur le territoire quelque 3,5 millions de piscines privées dont 1,68 million enterrées et 1,83 million hors sol. Au pays de Léon Marchand, l’engouement des Français pour la piscine ne se dément pas : 4 Français sur 10 possesseurs d’un terrain « piscinable » ont le souhait d’en faire construire une, selon une enquête de la FPP. Pour la baignade, mais aussi de plus en plus, il est vrai, pour l’agrément, la piscine devenant une nouvelle pièce à vivre, mais à l’extérieur de la maison.
Cap sur la rénovation de l’existant
Pour faire face à un marché perturbé, la profession veut exploiter le gisement de la rénovation du parc existant. S’exprimant en marge du salon Piscine Global qui s’est récemment tenu à Lyon, le président de la FPP a exhorté ses adhérents à s’intéresser à ce marché à fort potentiel : « La période est difficile, mais on peut compter sur un parc de 3,5 millions de piscines existantes à rénover ». Rénovation esthétique ou technique, la profession peut s’appuyer sur toute une palette de solutions pour remettre au goût du jour des bassins vieillissants : systèmes de filtration de nouvelle génération, éclairages LED, pompes à vitesse variable, installation d’un abri, d’une couverture d’un système de chauffage, ou encore réduction de la profondeur pour diminuer le volume d’eau, la profession voulant montrer qu’elle s’est saisie de la question du développement durable. La FPP a d’ailleurs mis au point un logiciel permettant de classer de A à F l’efficacité énergétique des piscines dans leur globalité, équipements compris. Les premiers matériels porteurs de ce classement étaient visibles sur le salon Piscine Global. « La rénovation fait partie de notre business », insiste Gilles Mouchiroud, vice-président de la FPP. « Nous étions habitués à ce que les clients viennent taper à notre porte. Alors que le marché est bousculé, pensons rénovation, il y a des perspectives. Il faut travailler notre fichier client ! ». Il n’y a plus qu’à se jeter à l’eau...
Illustration : Cette piscine a remporté la médaille d'argent aux Trophées 2024 de la piscine, catégorie "piscine de nuit"