Menée auprès de 3 029 chefs d’entreprise du BTP, la 11e édition du baromètre ARTI Santé BTP confirme un niveau de pression professionnelle toujours élevé, malgré quelques signes d’amélioration. Réalisée par trois organisations du secteur – la CAPEB, l’IRIS-ST et la CNATP – l’enquête offre un aperçu précieux des conditions de travail dans l’artisanat du bâtiment.

Le trio de tête des sources de stress reste inchangé : la charge de travail (53 %), le poids des responsabilités (44 %), et le poids de l’administratif (41 %). Sur ce dernier point, la complexité administrative continue de peser lourd dans l’organisation quotidienne des entreprises artisanales. En 2024, 33 % des dirigeants déclarent passer entre 26 % et 50 % de leur temps sur ces tâches, et 10 % y consacrent même entre 51 % et 75 %. Dans les structures de 6 à 10 salariés, un tiers des chefs d’entreprise dépassent la barre des 50 %.
Le baromètre montre également que le temps passé à l’administratif augmente avec la taille de l’entreprise : dans les structures de plus de 15 salariés, près de la moitié des répondants y consacrent plus d’un quart de leur temps.
L’impact sur la vie perso
L’intensité du travail impacte fortement la vie personnelle : 76 % des chefs d’entreprise estiment que leur activité empiète sur leur vie privée. En parallèle, 57 % consultent leurs mails tous les jours pendant leurs congés, un chiffre en baisse de trois points par rapport à 2023, mais qui reste élevé. Par ailleurs, 27 % des artisans ne prennent que deux semaines de congés ou moins par an.
Côté santé, 70 % des dirigeants se déclarent en bonne santé. Mais 60 % souffrent de douleurs musculaires, 54 % signalent une fatigue importante et 30 % évoquent des troubles émotionnels. Finalement, seuls 11 % ne rapportent aucun problème de santé.
Un accompagnement partiel
Concernant l’accompagnement (au cœur de l’actualité actuellement), 65 % des répondants se sentent suffisamment soutenus dans la gestion de leur entreprise. Parmi les 1 073 chefs d’entreprise qui estiment ne pas l’être, les attentes se tournent en priorité vers les services de l’État (49 %), les experts-comptables (49 %), les CMA (34 %) et les organisations professionnelles (43 %).
Malgré les difficultés, 68 % des artisans se disent totalement épanouis dans leur métier, et 60 % dans leur rôle de chef d’entreprise. L’optimisme progresse légèrement : 41 % se disent confiants dans l’avenir de leur activité, contre 38 % en 2023.