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Sortie du gaz : Que Choisir veut protéger les « derniers raccordés »

29 AVRIL 2026 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

Pour éviter de voir la facture des foyers raccordés au gaz s’enflammer, l’association de consommateurs livre une étude exclusive sur les freins et points de vigilance du plan d’électrification et la nécessité de renforcer les aides à la rénovation d’ampleur pour les ménages chauffés au CH4.

chaudière gaz logement

« Des freins techniques, économiques et réglementaires empêchent aujourd’hui de remplacer complètement le chauffage au gaz. » Si le constat n’est pas nouveau parmi les plombiers chauffagistes, il vient d’être partagé par Que Choisir Ensemble. L’association publie ce mercredi 29 avril une étude exclusive sur la « captivité des consommateurs et consommatrices au gaz ». 

Dans le document, Que Choisir rappelle qu’actuellement, 47 % des ménages ont encore recours à des modes de chauffage issus d’énergie fossile (gaz naturel, gaz de pétrole liquéfié (GPL), fioul). Sans surprise, le chauffage au gaz fait encore légion en logement collectif, représentant 44 % du parc, contre 37 % pour le chauffage électrique et 1 % pour la pompe à chaleur, d’après les données et études statistiques de 2024 du gouvernement. En tout, on compte encore près de 11 millions de résidences principales chauffées au gaz. Mais le basculement de ces logements vers un système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire plus vertueux n’est pas aussi facile que pourrait le laisser penser les annonces du gouvernement, plan d’électrification en tête.

La Pac impossible dans 5 millions de logements

Pour Que Choisir, « les travaux d’adaptation sont souvent compliqués à mettre en œuvre au regard de leur coût et de la règlementation. Les ménages concernés se retrouvent captifs au gaz ». D’après les estimations GRDF, plus de 4 millions de logements collectifs et un million de maisons individuelles chauffés au gaz ne pourraient pas passer à la pompe à chaleur. L’association Que Choisir, qui se base en grande partie sur une étude de Pouget Consultants de 2023, énumère les problèmes d’encombrement, intérieur comme extérieur, ou encore le coût, lourdement plus important qu’une chaudière gaz, individuelle ou collective.

Que Choisir remet notamment en cause le temps d’amortissement lors d’un remplacement de chaudière gaz par une Pac, estimé par l’Ademe à deux ans pour les ménages pouvant profiter des aides, six ans pour les autres. Ce temps peut même grimper jusqu’à douze ans si le chauffage au gaz fonctionne toujours lors du changement. Problème, à en croire l’étude menée par le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC) et citée par Que Choisir, les ménages qui resteront au gaz risquent de payer très cher leur statut de « dernier raccordé ». 

Facture salée pour les derniers raccordés

L’étude évalue 241 000 désabonnements au gaz d’ici 2027 pour le seul secteur résidentiel. Que Choisir s’interroge alors sur les coûts d’exploitation des réseaux de gaz. « Si le nombre d’abonnés au gaz décroit, ce n’est pas le cas des coûts relatifs à l’entretien du réseau. Le coût annuel d’entretien du réseau gazier pourrait quasi doubler en quinze ans » constate l’association. Un surcoût qui pourrait encore grimper pour supporter le verdissement des infrastructures.

Pour Que Choisir, « si le gaz est aujourd’hui déjà une dépense non négligeable dans le budget des ménages, notamment celui des plus fragiles, la baisse croissante du nombre d’abonnés, sans plan concret d’optimisation des infrastructures, risque de faire peser davantage la part du gaz dans les revenus des ménages. De plus, au-delà des coûts relatifs à l’entretien des infrastructures, ce sont les ménages n’ayant à court terme aucune alternative au gaz qui supporteront le coût de la décarbonation des usages et du verdissement du gaz. »

Encore plus d’aides à la rénovation énergétique

L’association milite pour un renforcement des dispositifs d’aides à la rénovation énergétique, en priorisant les projets de rénovation d’ampleur et, si la situation du ménage ne le permet pas, en l’inscrivant dans un parcours de rénovations par étapes échelonnées dans le temps. Que Choisir demande également des actions pour que la baisse attendue du nombre d’abonnements au gaz n’entraîne pas une explosion des factures pour les foyers n’ayant pas d’alternative. « Cela pourrait prendre la forme d’un bouclier tarifaire spécifique accompagné d’une revalorisation du chèque énergie pour les ménages les plus vulnérables » conclue l’association.

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