L'Institut Paris Region a publié une note rapide (n°1050) sur les réseaux de chaleur franciliens, soulignant les défis et les avancées vers la décarbonation. Avec 54 % d’énergies renouvelables et de récupération, la région fait des progrès mais doit surmonter des obstacles pour atteindre l’objectif de 100 % en 2050.

Les 133 réseaux de chaleur franciliens ont franchi une première étape importante avec un mix énergétique composé à 54 % d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R). Ce chiffre dépasse l’objectif européen de 50 % fixé pour 2028. Toutefois, en comparaison, la moyenne nationale atteint 66,5 % d'EnR&R. Les réseaux franciliens restent donc encore plus carbonés, avec une consommation de 45 % d’énergies fossiles, principalement du gaz naturel (44 % du mix énergétique). En 2023, la géothermie a produit près de 2 TWh, positionnant l'Île-de-France comme la première région géothermale de France. Par ailleurs, la chaleur issue des incinérateurs (UVE) a généré 3,5 TWh, représentant 27 % du mix énergétique des réseaux. Les nouvelles sources d’énergie, comme le solaire thermique, les data centers, et la cloacothermie, en forte croissance, ont ajouté 200 GWh à la production de chaleur.
100 % d’EnR&R pour 2050
L’objectif de décarbonation totale d'ici 2050 nécessite des investissements importants. À court terme, le charbon disparaîtra totalement du mix des réseaux franciliens d’ici 2026, tandis que le fioul, autre combustible historique, ne représentera plus qu’une fraction marginale (0,1 %, soit 8 GWh). Cependant, les défis sont nombreux. Parmi eux, la saturation possible de la géothermie du Dogger en première couronne, la baisse des déchets incinérés (-5% entre 2022 et 2023), et les tensions sur la biomasse, exacerbées par les changements climatiques, représentent des obstacles à surmonter.
Des projets concrets pour transformer les réseaux
Plusieurs projets sont en cours pour moderniser et renouveler les réseaux. Parmi les plus significatifs : la conversion des dernières chaufferies au charbon, comme celle de la CPCU à Saint-Ouen, qui a amorcé sa transition vers la biomasse en 2024. D’ici 2026, la chaufferie de Massy-Antony optera également pour un approvisionnement 100 % biomasse. La géothermie de surface et la récupération de chaleur fatale, gagnent en popularité. Un exemple phare est le projet à Garges-lès-Gonesse, qui associe géothermie, chaleur de récupération et biogaz pour une solution entièrement renouvelable. En 2023, 800 GWh ont été échangés entre 28 réseaux interconnectés, ce qui permet d’optimiser l’utilisation des ressources.