L'organisation Coédis, représentant l’ensemble des entreprises de la distribution professionnelle de chauffage, plomberie, sanitaire et électricité, alerte sur les incertitudes qui entourent cette REP EPRO alors que son entrée en vigueur est prévue le 1er juillet prochain.

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) dédiée aux emballages professionnels (EPRO), prévue le 1er juillet 2026, l’inquiétude monte dans les rangs de la distribution professionnelle. En première ligne, Coédis appelle clairement à suspendre le lancement du dispositif, estimant que les conditions d’un déploiement serein ne sont pas réunies.
Le principal sujet de crispation ? L’absence persistante de clarifications sur des points pourtant fondamentaux. La définition même du « metteur en marché », acteur appelé à financer le dispositif, demeure floue alors que les éco-organismes ont déjà commencé à solliciter les entreprises concernées pour leur adhésion. Pour Coédis, cette situation place les distributeurs dans une impasse. Comment s’engager dans un dispositif dont les contours restent incertains ? Le syndicat s’interroge notamment sur la volonté d’étendre à certains distributeurs la responsabilité liée à l’usage des emballages, alors que celle-ci devrait, selon lui, incomber en premier lieu à leur fabricant.
Vers un nouvel accident industriel ?
Cette impréparation rappelle un précédent encore dans toutes les mémoires, celui de la REP PMCB (produits et matériaux de construction du bâtiment). Là aussi, un lancement jugé précipité a conduit à des difficultés financières et opérationnelles majeures, au point d’obliger aujourd’hui les pouvoirs publics à engager une refonte du dispositif. Pour les représentants de la distribution professionnelle, le risque est désormais de reproduire les mêmes erreurs à une échelle encore plus large. La REP EPRO couvre en effet un périmètre considérable et pourrait générer de nouvelles complexités administratives et économiques pour les entreprises déjà confrontées à un contexte de marché incertain.
Alors que plusieurs travaux réglementaires et parlementaires sont actuellement menés pour revoir la gouvernance et le fonctionnement des différentes filières REP, Coédis estime qu’il serait plus cohérent de prendre le temps nécessaire à la clarification avant de franchir une nouvelle étape. Le message adressé aux pouvoirs publics est sans ambiguïté : sans réponses rapides sur les responsabilités de chacun, le lancement de la REP EPRO risque de se transformer en nouvel « accident industriel ».