Selon les chiffres de la FFB, l’activité amélioration-entretien s’est encore fortement dégradée entre les premiers trimestres 2025 et 2026, avec une véritable dégringolade de la rénovation énergétique dans les logements.

Le marché de la rénovation énergétique n’est toujours pas sorti de cette zone de turbulences qui perturbe l’activité. Selon les résultats du premier trimestre 2026 dévoilés par la Fédération Française du Bâtiment (FFB), l’activité d’amélioration-entretien recule de 2,6 % en volume par rapport à la même période de 2025. C’est le sixième trimestre consécutif de baisse, le plus marqué depuis le début de la chute de l’activité.
Un décrochage historique de la rénovation énergétique
Le logement reste le principal moteur de cette dégradation, avec un recul de 2,8 %, tandis que le non résidentiel décroît de 1,8 %. Mais c’est la rénovation énergétique qui enregistre les plus mauvais résultats. L’activité recule de 3,4 % à prix constants sur un an, plombée par le logement qui chute de 4,1 %. Hors période Covid, il faut remonter à fin 2018 pour retrouver un recul d’une telle ampleur. Pour les acteurs du génie climatique, ces chiffres confirment l’essoufflement d’un marché pourtant appelé à jouer un rôle central dans la transition énergétique. La moitié Est du territoire apparaît particulièrement touchée, même si toutes les régions enregistrent une baisse d’activité.
L’annonce récente d’une réduction des budgets de MaPrimeRénov’ et du Fonds vert a par ailleurs été fortement critiquée par Frédéric Carré. Le nouveau président de la FFB en poste depuis quelques semaines, a vivement dénoncé l’instabilité des politiques publiques et les signaux contradictoires envoyés depuis 2024 sur les aides à la rénovation, ayant dissuadé de nombreux ménages à lancer des travaux. « C’est une décision incompréhensible ! Près de 60 000 entreprises se sont qualifiées RGE, elles ont embauché et formé, et on leur retire le tapis sous les pieds », a-t-il déclaré, dénonçant également les changements successifs concernant MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie (CEE) ou encore le photovoltaïque, qui « cassent progressivement le marché qui devait porter l’avenir ».
Taxe réduite sur la clim et périmètre élargi pour MaPrimeRénov'
Face à cette situation, la FFB a formulé plusieurs demandes. Premièrement, publier rapidement les textes d’application de la TVA à 5,5 % sur les pompes à chaleur air/air, mesure déjà adoptée dans la loi de finances pour 2026. Pour rappel, le gouvernement a annoncé la semaine dernière l’application de cette taxe réduite au plus tard en septembre. Deuxièmement, rétablir un périmètre élargi pour MaPrimeRénov’, notamment en faveur des opérations de monogeste isolation.
Si les carnets de commandes des entreprises de plus de dix salariés affichent encore un bon niveau à 8,1 mois à fin mai 2026, à court terme, les perspectives restent sombres. La FFB anticipe encore un recul de 2,1 % de l’activité d’amélioration-entretien au deuxième trimestre 2026. Un scénario qui pourrait conduire la profession à revoir à la baisse ses prévisions annuelles dès cet été.