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Prix des matériaux : un plafond atteint dans quelques mois ?

10 JUIN 2021 - L'installateur

La table-ronde organisée par la FFB ce 10 juin au sujet du prix des matériaux a donné lieu à d’intéressants échanges. Découvrez l’analyse des différents intervenants.

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Le sujet de la hausse du prix des matériaux a été évoqué au cours d’une table ronde ce jeudi 10 juin, lors des Etats généraux de la construction de la FFB (Fédération française du bâtiment). Cette hausse est une répercussion de la crise sanitaire : on assiste à une désynchronisation entre l’offre et la demande, explique Samuel Minot, président de la commission «Economie» de la FFB. «La hausse a d’abord touché les métaux, puis les produits dérivés du pétrole, le bois, etc. Elle engendre aussi un allongement des délais d’approvisionnement. Le problème, c’est que 80 % des marchés des bâtiments se font dans le privé, où, en grande majorité, il n’existe pas d’indexation des prix». D’où le risque, pour les entreprises, de ne plus pouvoir tenir leurs marges ou de ne plus garantir leurs délais d’intervention. La FFB recommande aux entreprises d’être très vigilantes sur les termes des contrats auxquels elles s’engagent. Et demande à l’Etat de prendre en charge le chômage technique à 100 % lorsqu’il est dû à une pénurie de matériaux, et cela au moins jusque fin 2021. Enfin, les entreprises doivent aussi aller voir les donneurs d’ordre pour trouver des solutions. Un message reçu 5 sur 5 par Valérie Fournier, directrice générale du bailleur social Immobilière 3F : «Nous mettons des prix réactualisables dans nos marchés et nous offrons une avance de 10 à 15 % aux entreprises qui doivent acheter en amont les matières premières. Et nous n’appliquons pas de pénalités de retard», déclare-t-elle.

Pour sa part Patrick Martin, PDG du groupe Martin Belaysoud (enseignes Téréva et Grandbains notamment), se dit «raisonnablement optimiste» : «Les aciéries ont repris leur activité et la spéculation sur le cuivre et la ferraille est en train de se réguler. On va arriver dans les mois qui viennent à un plafond, sauf pour le bois et les matériaux biosourcés». Le dirigeant note aussi que les carnets de commandes gonflent de manière artificielle : certains clients font la même commande à des endroits différents, de peur de ne pas être approvisionnés. «C’est la vocation de la distribution d’être un amortisseur. Nous avons beaucoup investi sur nos capacités de stockage», conclut-il. «On voit les limites de la stratégie du flux tendu. Chaque entreprise va devoir repenser sa stratégie d’approvisionnement. Acheter plus local, c’est dépendre moins des coûts de fret chinois», ajoute Alain Boisselon, président de l’UNICEM (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction).

Pour certains intervenants de la table ronde, c’est aussi la législation qui provoque une hausse des prix : d’une part, la RE2020 engendre une demande très forte sur les matériaux biosourcés (bois, laine de chanvre…). D’autre part, la loi climat et résilience va rendre indécents 11 millions de logements, ce qui va engendrer un pic des demandes…

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