Le granulé n’échappe pas aux tensions qui secouent le secteur de l’énergie. Des ventes de poêles et chaudières en croissance exponentielle, une ruée sur les approvisionnements dès le printemps par peur de manquer ou de voir la facture s’alourdir davantage à l’automne, des volumes de sciure en baisse, sans parler du contexte international… la situation est complexe. Et les prix s'affolent.
Le granulé n’échappe pas aux tensions qui secouent le secteur de l’énergie. Avec des prix qui se sont envolés depuis un an, certains particuliers auparavant chauffés au fioul en viennent à se demander s’ils ont fait le bon choix. Des ventes de poêles et chaudières en croissance exponentielle, une ruée sur les approvisionnements dès le printemps par peur de manquer ou de voir la facture s’alourdir davantage à l’automne, des volumes de sciure en baisse, sans parler du contexte international… la situation est complexe.
Pour autant, il ne faut pas céder à la panique, exhorte Eric Vial, délégué général de Propellet, qui refuse de parler de pénurie. «C’est une question de temps, il faut que les stocks se reconstituent». Les volumes de production de granulés qui étaient de 1,8 million de tonnes devraient approcher 2,2 millions de tonnes cette année. Les importations jouent en général le rôle de variable d’ajustement. Or, là encore, la situation est compliquée. La demande est exceptionnellement forte chez nos voisins aussi, Allemagne en tête, où les consommateurs se ruent sur les poêles à bois, créant les mêmes tensions d’approvisionnement…
Installateur en Alsace, Jean-Pierre Eusebi entend les interrogations de ses clients. Pour autant, lui aussi refuse de céder à la panique : «Ce n’est pas dramatique, on a déjà vu ça. Et puis il y a de nombreuses unités de granulation en construction», explique le chauffagiste, qui pointe néanmoins un manque d’anticipation de la filière. Selon lui, un autre phénomène a pu perturber le marché, dû à l’essor des ventes de chaudières à chargement par sacs. «Il n’est pas impossible qu’au lieu d’acheter palette par palette comme habituellement, ce qui permet de lisser leurs besoins dans le temps, les clients aient acheté par précaution en une fois l’intégralité de leur consommation pour l’année». A méditer.
Pour l’heure, il faut faire preuve de sobriété, prône Eric Vial de Propellet, qui recommande d’approvisionner le strict nécessaire, «voire un peu moins, en attendant que ça soit réapprovisionné. Car ce sera réapprovisionné !». Sobriété, un message dans l’air du temps, qui passe notamment par une baisse des températures de chauffage. «Il est prouvé que lors du passage du fioul ou de l’électricité au granulé, on monte de 2 ou 3 degrés sa température, c’est systématique ! Le message que l’on doit tous faire passer, c’est de se chauffer à 19 °C, l’économie sera déjà très substantielle».
Il ne reste plus qu’à espérer que les prix brûlants du granulé feront eux aussi preuve de sobriété. C’est une autre histoire…