Qu’ils soient utilisés en distribution d’eau chaude ou froide ou en planchers ou plafonds réversibles, les tubes PER et PE souffrent de la crise du bâtiment et de prix tirés vers le bas. Le multicouche s’en sort un peu mieux et confirme sa percée en rénovation et en colonnes montantes. L’incertitude géopolitique et son impact sur le cours des matières premières pèse sur le début de reprise constaté fin 2025.

Leur usage progresse mais sur un marché qui se rétrécit. C’est tout le paradoxe des tubes en matériaux de synthèse (PER et PE notamment) qui, tout en gagnant des parts de marché face au cuivre, ont vu leurs volumes de ventes baisser en 2025. La faute principalement à une production de logements qui a atteint son plus bas historique. En chiffres cela se traduit par un recul de 10 % des ventes de tubes et raccords, après déjà un recul important en 2024, indique Cochebat, syndicat des fabricants de tubes en matériaux de synthèse et de systèmes de planchers/plafonds chauffants-rafraîchissants. Phénomène aggravant, sur un marché du tube polymère qui s’est banalisé, les prix sont de plus en plus tirés vers le bas. « La quête du prix est devenue une obsession, au détriment de la qualité des produits et des systèmes », déplore Florent Kieffer, président de Cochebat.
Le multicouche résiste
Le tube multicouche pour sa part s’en sort un peu mieux et ne recule « que » de – 3 %. Il s’installe en apparent, se cintre et se travaille comme le cuivre et à ce titre gagne des parts de marché en rénovation. Son usage a progressé de + 37 % en quatre ans, indique Cochebat. Mais on reste encore loin de nos voisins européens où le multicouche est largement répandu, jusqu’à 75 % des installations dans certains pays d’Europe du Nord et de l’Est. A l’instar du PER, le multicouche est très bataillé sur les diamètres les plus courants (Ø16-26), avec un nombre important d’acteurs, et des marques de distributeurs qui pèsent pour près de 50 % du marché, une tendance qui s’accélère. Le diamètre 32, spécifique aux pompes à chaleur air/eau, suit avec une logique implacable les courbes de vente de ces équipements. Et quand celles-ci sont au plus bas comme en 2025… Les gros diamètres en revanche, utilisés en colonne montante ou en sous-station, sont en augmentation, de l’ordre de + 5 à + 10 % estime le syndicat. Ils se développent notamment dans le collectif, en substitution des tubes acier. A noter la bonne résistance également des tubes multicouchre pré-isolés, en hausse de +4 %.
Planchers et plafonds réversibles au plus bas
Un peu plus de 3 millions de m² de surfaces rayonnantes par boucle à eau chaude (plancher et plafonds basse température notamment) ont été installées en 2025, contre 3,7 millions en 2024 et jusqu’à 5 millions de m² dans un passé pas si lointain. Les chiffres sont cruels et liés au niveau historiquement bas des mises en chantier. A cette baisse de la construction neuve s’ajoute la concurrence de solutions sur vecteur air, moins coûteuses et plus faciles à installer. « La boucle à eau chaude souffre et n’a pas le succès d'estime qu'elle devrait avoir », constate amèrement Florent Kieffer. Il est un autre phénomène qui pénalise le marché des surfaces, celui de la diminution observée de la taille des logements, qui serait de 14 % en moyenne tout type de logement confondu. L’équation est simple : un logement plus petit, c’est moins de tubes et d’isolants. « Non seulement on a moins de logements, mais en plus les surfaces diminuent !».
Une consolation toutefois, les systèmes secs ont vu leurs ventes progresser l’an dernier de + 25 %, avec un intérêt marqué pour les solutions en plafonds. Le syndicat constate une implication de plus en plus forte des plaquistes sur ce segment de marché. Ces systèmes minces, plus réactifs, entraînent avec eux le développement de la régulation pièce par pièce, qui a concerné l’an dernier plus d’une installation sur 5.

De gauche à droite : Laurent Conrard (pilote GT pré-isolés), Florent Kieffer (président Cochebat), Nayla Sammour (déléguée générale), Benoît Smagghe (président commission technique).