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Les tubes en matériaux de synthèse toujours à la peine

30 MARS 2026 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

Qu’ils soient utilisés en distribution d’eau chaude ou froide ou en planchers ou plafonds réversibles, les tubes PER et PE souffrent de la crise du bâtiment et de prix tirés vers le bas. Le multicouche s’en sort un peu mieux et confirme sa percée en rénovation et en colonnes montantes. L’incertitude géopolitique et son impact sur le cours des matières premières pèse sur le début de reprise constaté fin 2025.

cochebat

Leur usage progresse mais sur un marché qui se rétrécit. C’est tout le paradoxe des tubes en matériaux de synthèse (PER et PE notamment) qui, tout en gagnant des parts de marché face au cuivre, ont vu leurs volumes de ventes baisser en 2025. La faute principalement à une production de logements qui a atteint son plus bas historique. En chiffres cela se traduit par un recul de 10 % des ventes de tubes et raccords, après déjà un recul important en 2024, indique Cochebat, syndicat des fabricants de tubes en matériaux de synthèse et de systèmes de planchers/plafonds chauffants-rafraîchissants. Phénomène aggravant, sur un marché du tube polymère qui s’est banalisé, les prix sont de plus en plus tirés vers le bas. « La quête du prix est devenue une obsession, au détriment de la qualité des produits et des systèmes », déplore Florent Kieffer, président de Cochebat.

Le multicouche résiste

Le tube multicouche pour sa part s’en sort un peu mieux et ne recule « que » de – 3 %. Il s’installe en apparent, se cintre et se travaille comme le cuivre et à ce titre gagne des parts de marché en rénovation. Son usage a progressé de + 37 % en quatre ans, indique Cochebat. Mais on reste encore loin de nos voisins européens où le multicouche est largement répandu, jusqu’à 75 % des installations dans certains pays d’Europe du Nord et de l’Est. A l’instar du PER, le multicouche est très bataillé sur les diamètres les plus courants (Ø16-26), avec un nombre important d’acteurs, et des marques de distributeurs qui pèsent pour près de 50 % du marché, une tendance qui s’accélère. Le diamètre 32, spécifique aux pompes à chaleur air/eau, suit avec une logique implacable les courbes de vente de ces équipements. Et quand celles-ci sont au plus bas comme en 2025… Les gros diamètres en revanche, utilisés en colonne montante ou en sous-station, sont en augmentation, de l’ordre de + 5 à + 10 % estime le syndicat. Ils se développent notamment dans le collectif, en substitution des tubes acier. A noter la bonne résistance également des tubes multicouchre pré-isolés, en hausse de +4 %.

Planchers et plafonds réversibles au plus bas

Un peu plus de 3 millions de m² de surfaces rayonnantes par boucle à eau chaude (plancher et plafonds basse température notamment) ont été installées en 2025, contre 3,7 millions en 2024 et jusqu’à 5 millions de m² dans un passé pas si lointain. Les chiffres sont cruels et liés au niveau historiquement bas des mises en chantier. A cette baisse de la construction neuve s’ajoute la concurrence de solutions sur vecteur air, moins coûteuses et plus faciles à installer. « La boucle à eau chaude souffre et n’a pas le succès d'estime qu'elle devrait avoir », constate amèrement Florent Kieffer. Il est un autre phénomène qui pénalise le marché des surfaces, celui de la diminution observée de la taille des logements, qui serait de 14 % en moyenne tout type de logement confondu. L’équation est simple : un logement plus petit, c’est moins de tubes et d’isolants. « Non seulement on a moins de logements, mais en plus les surfaces diminuent !».

Une consolation toutefois, les systèmes secs ont vu leurs ventes progresser l’an dernier de + 25 %, avec un intérêt marqué pour les solutions en plafonds. Le syndicat constate une implication de plus en plus forte des plaquistes sur ce segment de marché. Ces systèmes minces, plus réactifs, entraînent avec eux le développement de la régulation pièce par pièce, qui a concerné l’an dernier plus d’une installation sur 5.

 

La profession face à un « tsunami réglementaire »
Normes, réglementations, directives… Les sujets ne manquent pas et sont complexes. Benoît Smagghe, président de la commission technique n’hésite pas à parler de tsunami réglementaire. Un exemple parmi d’autres, une directive européenne eau potable entrera en vigueur en 2027, date à laquelle elle remplacera les ACS. Cette directive vise une qualité de l'eau uniforme dans tous les pays de l'union avec des critères homogènes. Une période de transition s’appliquera jusqu’au 31/12/2027 pour permettre l’adaptation des produits existants. Les produits nouveaux en revanche devront répondre aux critères de la directive dès son entrée en vigueur. Parmi les changements, les tests pratiqués en vue de l’obtention des ACS s’effectuaient jusqu’à présent sur l'eau froide, et cela quelle que soit l’utilisation, eau froide ou eau chaude. Dans le cadre de la future directive, les tests seront désormais réalisés sur eau froide, eau chaude et eau très chaude (23, 60 et 80 °C). 

 

Tubes pré-isolés : le 3ème pilier de Cochebat
Annoncé l’an dernier, un groupe de travail spécifiquement dédié aux tubes pré-isolés a vu le jour. Quatre adhérents composent cette nouvelle branche syndicale présidée par Laurent Conrard : Elydan, PBtub, Rehau et Uponor. A l’inverse de ses autres activités qui, elles, concernant l’intérieur du bâtiment, ce nouveau groupe de travail concerne des tubes posés à l’extérieur pour des applications type réseaux ou micro-réseaux de chaleur, d’eau chaude sanitaire, mais aussi de froid. Un segment en pleine effervescence (+ 28 % en volume), dont le développement est encouragé par les pouvoirs publics.

 

De gauche à droite : Laurent Conrard (pilote GT pré-isolés), Florent Kieffer (président Cochebat), Nayla Sammour (déléguée générale), Benoît Smagghe (président commission technique).

 

 

 

 

 

 

 

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