Le syndicat des professionnels de l’énergie solaire Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables prennent nettement position en faveur du président sortant. Voici leurs arguments.

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a publié le 14 avril une tribune intitulée «Transition énergétique : face à l’urgence, les Français n’ont pas cinq ans à perdre». Il explique dans ce document que les projets des deux candidats à l’élection présidentielle sont «radicalement différents» dans le domaine du climat et de l’énergie : «Moratoire sur le solaire et l’éolien, démantèlement progressif des sites éoliens existants, subventions aux fossiles… le programme de Marine Le Pen est à rebours des défis à relever, entretenant l’illusion qu’on pourrait ne rien changer à nos modes de vie sans être rattrapés par le changement climatique. Il constituerait une régression majeure, pour notre pays et pour le climat, en faisant repartir à la hausse nos émissions de gaz à effet de serre et nos importations d’énergies fossiles, aux frais des contribuables ou des consommateurs les plus précaires. Avec à la clé, des destructions d’emplois et la faillite des entreprises de la transition énergétique (…).
Multiplier par dix la puissance solaire de la France, construire 50 parcs éoliens en mer, poursuivre le développement de l’éolien terrestre, accélérer le développement de la chaleur et des gaz renouvelables, exploiter le potentiel hydraulique, développer des filières industrielles du renouvelable, produire de l’hydrogène décarboné, le tout en concertation avec les populations… même s’il demeure perfectible et que beaucoup dépendra des moyens qui seront déployés pour être à la hauteur des enjeux, le projet d’Emmanuel Macron l’emporte à la comparaison.»
De la même façon, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire Enerplan juge «diamétralement opposées» les approches des deux candidats, dans un communiqué en date du 19 avril : «Le projet porté par Marine Le Pen prévoit un moratoire sur le solaire, ce qui signifie un arrêt brutal de la filière solaire. Cette proposition est incompréhensible. D’abord les TWh solaires manquants seront remplacés par du charbon ou du gaz, seules alternatives mobilisables rapidement, certes, mais carbonées, responsables du coût élevé de l’électricité et contradictoires avec toute politique d’indépendance énergétique. Ce moratoire serait à la fois un véritable non-sens écologique, et une erreur économique majeure. Il casserait une filière nationale en plein essor, détruirait des milliers d’emplois non délocalisables et empêcherait les projets de réindustrialisation en cours, notamment de panneaux solaires.
Le projet proposé par Emmanuel Macron (tel que présenté notamment lors de son discours de Belfort) met au contraire l’accent sur une accélération du développement de l’énergie solaire en France. Il prévoit la multiplication par 10 des capacités solaires installées d’ici 2050 et donne ainsi des vraies perspectives pour le développement en France d’usines de panneaux solaires. Il comporte des similitudes avec le Plan d’Urgence Solaire proposé par Enerplan même si celui-ci est encore plus ambitieux avec un développement très accéléré à court terme pour répondre à l’urgence énergétique actuelle.»