Coup de projecteur sur le bois-énergie, première énergie renouvelable de France, à l’occasion de la Journée Bois-Energie, qui s’est tenue le 6 juin dernier à Paris.

La troisième édition de la Journée Bois-Energie (1) s’est tenue le 6 juin dernier à Paris. L’occasion pour Mathieu Fleury, président du Cibe (Comité interprofessionnel du bois-énergie), de féliciter l’ensemble de la filière : «Nous avons relevé tous nos challenges : il n’y a pas eu de pénurie de bois cet hiver, nous avons livré tous nos clients. Il y a bien eu une petite hausse du prix du combustible bois, de l’ordre de 20 %, mais par rapport aux 700 ou 800 % d’augmentation du prix du gaz et de l’électricité, on a été l’énergie qui a été le plus au rendez-vous des attentes de la société», estime-t-il. Selon lui, le bois-énergie est amené à jouer un rôle prépondérant pour atteindre l’objectif fixé par les acteurs de la chaleur renouvelable : faire passer la part de la chaleur renouvelable de 19 % aujourd’hui à 54 % en 2030. Ce qui suppose (et c’est un défi !) d’attirer de nombreux candidats : la filière française du bois-énergie compte près de 53 000 emplois directs et indirects et a pour ambition de générer 25 000 emplois supplémentaires à horizon 2030.
Rappelons que le bois-énergie provient à 48 % de bois issu de forêt, à 12 % de bois hors forêt (entretien des bocages), à 28 % de connexes des industries (le sciage d’une grume fournit environ 50 % de bois d’oeuvre et 50 % de sous-produits) et à 12 % de bois en fin de vie (palettes, bois d’ameublement, charpentes…). On ne plante pas d’arbre dans le but d’alimenter des chaudières, insiste Mathieu Fleury : ce sont des jeunes arbres de 10 à 35 ans qui sont récoltés pour laisser la place à de plus beaux spécimens, qui vivront jusqu’à 180 ans (pour les feuillus) et seront valorisés en charpentes et en parquets notamment.
Développer les réseaux de chaleur
Pour le président du Cibe, la filière bois-énergie est équilibrée parce qu’elle présente une diversité de ressources et d’usages. La majeure partie des usages concerne le secteur domestique avec le chauffage bois bûche et le chauffage au granulé, qui enregistre une forte percée. Quant à la filière secteur collectif, tertiaire et industriel, elle est apparue plus récemment, il y a une vingtaine d’années. «Toutes les villes de plus de 10 000 habitants doivent avoir un réseau de chaleur. C’est une nécessité pour atteindre nos objectifs de décarbonation. On a les acteurs sur le territoire, on a les finances, on a les technologies, on a les ressources… Mais qu’est-ce qu’on attend ?», s’interroge Mathieu Fleury. Le président du Cibe adresse deux demandes aux pouvoirs publics : mettre en place une taxe carbone d’une part, et d’autre part communiquer clairement sur le caractère durable de la gestion forestière, et donc du bois énergie.
1) La Journée Bois-Énergie est coorganisée par le Cibe, Amorce, la Fedene, la FNCCR, Propellet, le SER (Syndicat des énergies renouvelables) et le SFCB (Syndicat français des chaudiéristes biomasse).
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