La Matinale de la Pac qui s’est tenue le 1er avril a mis en lumière les importants besoins de main d’œuvre dont aura besoin la profession à brève échéance. Le spectaculaire ralentissement actuel du marché pourrait pousser à en douter. Tout comme l’échec quasi certain d’atteindre l’objectif de produire en France un million de Pac en 2027. Pourtant, les pouvoirs publics l’affirment, la pompe à chaleur reste perçue au plus haut niveau comme un allié essentiel pour décarboner la chaleur.

« Le plan Pac est une pierre angulaire de notre politique énergétique », a assuré au cours de cette Matinale Adrien Thirion, représentant de la Direction générale des entreprises au sein du ministère de l’Economie et des Finances. Le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en est la démonstration. La PPE, dont l’objectif est de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, ambitionne d’ici 2030 un doublement du nombre d’installations de pompes à chaleur et même un triplement d’ici 2035. Un objectif ambitieux, mais « réaliste et atteignable », estime François Deroche, président de l’Afpac (Association française de la pompe à chaleur) pour qui « installer des Pac représente le geste le plus efficace pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. »
Avec de telles perspectives, on ne peut que se dire qu'il y a urgence à former et recruter. La profession estime les besoins de main d’œuvre pour les prochaines années à environ 40-45 000 emplois. Des emplois qui se répartissent grosso modo de la façon suivante : 20 000 installateurs, 10 000 spécialistes de la maintenance, 6000 en bureaux d’études et forces commerciales et 4000 dans l’industrie. Pour Christel Mollé, vice-président de l’Afpac, cela ne fait aucun doute : « La Pac, c’est un véritable métier d’avenir ! ». De son côté, Pascal Housset, président de l’UMGCCP, l’union des plombiers-chauffagistes de la FFB, l’assure : « Le recrutement, c’est la problématique numéro un de la plupart des installateurs ! ».
Un AMI qui vous veut du bien
Preuve de l’importance du sujet, plusieurs acteurs de la filière ont pris l’initiative de créer une dynamique autour de la formation, de la montée en compétence et de l’attractivité du métier de la Pac auprès des jeunes. Un consortium de 17 membres (professionnels, industriels, établissements d’enseignement initial et continu) a ainsi été constitué pour lancer un appel à manifestation d’intérêt « Compétence métier d’avenir » (AMI CMA) dans le cadre de France 2030.
Parmi eux, le lycée Raspail à Paris, hôte de cette Matinale de la Pac. Daniel Garault, son directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques, constate déjà les premiers résultats : « Ce projet nous a donné une impulsion qui s’est déjà traduite en quelques mois par la mise à niveau de nos équipements mais aussi l’adaptation des supports sur lesquels travaillent nos enseignants. » Concrètement, davantage d’heures de cours sont désormais consacrées à la pompe à chaleur, tandis que les plateaux techniques du lycée Raspail sont à présent équipés d’une quinzaine de pompes à chaleur, dont une en géothermie.
Sur le volet « attractivité », l’AMI compte s’appuyer, entre autres, sur les réseaux sociaux et sur des vidéos valorisant les métiers de l’installation et de la maintenance. « Cet AMI est un vecteur de motivation qui doit nous permettre d’aller vite et loin, ajoute Christel Mollé. Il est important de travailler tous ensemble pour démontrer que la Pac mène vers des métiers d’avenir. »
Autre initiative allant dans le sens de la montée en compétence, la création du CEPAC, Centre d’expertise de la pompe à chaleur, qui verra le jour cette année avec le soutien des pouvoirs publics. Un outil pour la filière qui y trouvera tout un ensemble de ressources techniques pour bien concevoir, dimensionner, ou encore optimiser une installation de pompe à chaleur, avec un volet partage de bonnes pratiques.
Le mot de la fin au président François Deroche : « Les perspectives de la Pac sont prometteuses. Ce mardi marque le lancement d’une dynamique collective, celle de collaborer tous ensemble à développer la formation et structurer la filière Pac. Il ne reste plus qu’au gouvernement à valider cet AMI. »
L'INSTALLATEUR