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La filière radiateurs à eau chaude craint la panne après l’euphorie

19 MAI 2021 - L'Installateur

La filière radiateurs à eau chaude est inquiète. L’activité en surchauffe en ce début d’année ne doit pas dissimuler des problèmes de fond : un lent mais constant déclin depuis plusieurs années, un parc qui a du mal à se renouveler, et de nouvelles difficultés liées à la flambée du coût des matières premières et à une prochaine réglementation environnementale peu favorable aux solutions de chauffage central…

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Après une année 2020 en berne, la filière radiateurs à eau chaude connaît actuellement une période de surchauffe comme elle n’en a pas vécu depuis longtemps. «La demande explose, les carnets de commande débordent», se réjouit Julian Stocks, chef de file des industriels du radiateur au sein du syndicat Uniclima, et patron de Purmo Group France. Pour autant, ce pic d’activité n’empêche pas la profession de craindre des lendemains difficiles. Car si les usines tournent à plein régime, les délais s’allongent tandis que les coûts s’envolent, conséquence de la flambée actuelle du prix des matières premières. Par exemple, le prix de la bobine d’acier laminé à froid, prépondérant dans la fabrication d’un radiateur, a plus que doublé en un an. «Et ce qui est préoccupant c’est que le bout du tunnel n’est toujours pas en vue», s’inquiète Julian Stocks. «La demande est très forte en Europe, nos sidérurgistes habituels ont du mal à augmenter la cadence, ce qui nous oblige à acheter sur le marché ‘spot’ pour faire face. Alors que notre filière se relève, nous ne pouvons satisfaire la demande : voilà tout le paradoxe auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. Nous n’avons jamais eu à faire face à deux extrêmes aussi violents au même moment».

Un parc qui se renouvelle trop lentement

Mais il y a d’autres motifs d’inquiétude, à plus long terme ceux-là. A commencer par les conséquences de la RE 2020 dans la construction neuve. «La RE2020, avec sa volonté de tout électrifier, va pousser vers la PAC dans l’individuel. La concurrence risque de se faire principalement entre la PAC air/air et la PAC air/eau. Dans le collectif, le secteur n’a pas de visibilité, on ne sait pas ce que l’on pourra installer comme chauffage. Le duo chaudière gaz + radiateurs est clairement dans le collimateur. Donc oui, la RE 2020 va fortement chambouler le marché du neuf».

Autre souci : la lenteur avec laquelle se renouvelle le parc, composé d’environ 70 millions de radiateurs à eau chaude en service en France, dont une grande quantité en place depuis des décennies. Une récente étude d’Uniclima montre que, lors d’une rénovation de chauffage, le remplacement du générateur s’accompagne dans seulement 13 % des cas de celui des radiateurs. Et dans 7 % des cas, seuls les radiateurs sont changés. Bien trop peu, juge Julian Stocks, qui appelle les installateurs à se montrer plus prescripteurs en la matière. «Par crainte d’être trop cher ou de perdre l’affaire, l’installateur se contente souvent de changer le générateur. Or, lui seul sait si les radiateurs ont besoin d’être remplacés. S’il ne prend pas la peine d’en parler, le particulier ne prendra pas l’initiative. Il a un rôle important à jouer». Une campagne de communication est d’ailleurs en préparation au niveau de la filière pour déjouer ce manque d’intérêt et faire prendre conscience à la profession de l’importance du changement de l’émetteur dans une rénovation énergétique. D’autant que les radiateurs ont évolué, sont plus esthétiques et intègrent de nouvelles fonctionnalités. Demain ils pourront rafraîchir – les industriels y travaillent - et les modèles mixtes (eau chaude + électricité) pourraient profiter de l’excès de production solaire photovoltaïque. Pour la profession, l’enjeu est clair : réveiller ce marché du remplacement pour éviter le trou d’air qui menace après l’euphorie.

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