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La Cram : "Nous tenons grâce à la solidarité des salariés"

09 AVRIL 2020 - CFP

En tant qu’entreprise d’exploitation, la Cram réussit à maintenir une activité pendant la crise du Covid-19, essentiellement sur les astreintes pour les dépannages, mais l’incertitude est de mise pour les chantiers mis en suspens. Le point avec Bruno Champmartin, directeur adjoint de la filière Travaux.

bruno champmartin

« Une petite partie seulement des effectifs de l’entreprise est en activité partielle car nous arrivons tout de même à nous occuper dans tous les services, pose Bruno Champmartin, directeur adjoint de la filière Travaux de la Cram. Nous pouvons tenir grâce à la solidarité des salariés et des plannings très détaillés pour réaliser un roulement des personnes à tour de rôle afin d’étaler l’activité dans le temps. Nous avons demandé à l’ensemble du personnel de prendre leurs congés payés, leurs RTT voire des RTT des mois avenirs, de puiser dans leurs comptes épargne temps valorisé à une hauteur équivalente pour l’ensemble de la société. Mais certains ont été au-delà en puisant l’ensemble de leurs CET pour retarder au maximum l’activité partielle dans l’entreprise. »

Ne surtout pas arrêter l’activité d’exploitant
La volonté de la direction de la Cram est de minimiser l’impact salarial du chômage auprès des personnels et de ne surtout pas arrêter l’activité d’exploitant auprès des clients. « Un confinement sans chauffage ni eau chaude sanitaire serait incompréhensible et très dur à vivre pour les occupants, et d’autant plus difficile pour les hôpitaux, Ehpad et services publics, poursuit Bruno Champmartin. Toutefois, si le confinement se prolonge au-delà du 1er mai, cela risque d’être plus compliqué pour certains services de l’entreprise comme les services travaux et les services supports. L’exploitation assure toujours les dépannages et les contrôles réglementaires pour une continuité de service. » 

Pour les centres travaux, la Cram assure tout au long du confinement les dépannages et les urgences de réparation avec les EPI nécessaires. Toutefois la pénurie de masques impose à l’entreprise de munir seulement le personnel intervenant en dépannage. « Pour les monteurs, il nous est difficile de maintenir le reste de l’activité. En outre, lorsque deux personnes portent un ballon d’eau chaude, il est difficile de leur faire respecter une distance d’un mètre cinquante entre eux… » Autre complication : les occupants des immeubles étant en confinement, impossible de leur couper l’eau chaude ou le chauffage pour des travaux non urgents. Quand on n’interdit pas tout bonnement l’accès aux sites…

Des mesures, oui, mais à quel coût ?
Si le guide de préconisations de sécurité sanitaire publié par l’OPPBTP le 2 avril a le mérite d’exister, pour Bruno Champmartin, les recommandations sont difficiles à appliquer : « Le guide indique que les ouvriers peuvent travailler à partir du moment où ils sont équipés et respect des règles sanitaires. Nous avons heureusement pu équiper les techniciens pour les astreintes mais nous ne trouvons pas suffisamment de masques ni de gants ou de gel hydroalcoolique pour nos monteurs, qui ne sont pas prioritaires ». Autre interrogation, pour l’heure sans réponse : comment appliquer ce texte du jour au lendemain ? « Qui va payer ce temps non vendu de mise en place des mesures ? Qui acceptera de prendre la responsabilité du respect des postures des personnes sur chantier ? Comment travailler dans un milieu confiné comme une chaufferie ou plusieurs corps d’états se croisent ? Cela risque d’allonger les plannings… »
Par ailleurs, la Cram travaille avec un certain nombre de sous-traitants qui, pour la plupart, sont en chômage partiel. « Avec l’arrêt des livraisons, et même si les fabricants nous assurent qu’ils continuent à produire, nous ne pouvons ni enlever les chaudières ni en installer de nouvelles. Les opérations de désamiantage sont également impossiblesIl est donc très difficile de travailler normalement en période de confinement. »

Préparer la sortie de crise
Alors, pour les chargés d’affaires, ce temps à disposition est mis à profit pour travailler sur des dossiers qui sont d’habitude reportés à plus tard, faute de temps. Réorganiser la classification de ses mails, contrôler les habilitations, travailler sur les BPU de demain, enrichir les bibliothèques d’objets Bim pour avancer sur les chiffrages, préparer les dossiers techniques, préparer les commandes… Pas le temps de s’ennuyer ! « Nous pouvons aussi répondre aux appels d’offres qui, heureusement pour nous, continuent d’être publiés même si les visites sur site ne sont pas toujours possibles. Pour la partie montage, l’atelier de préfabrication tourne au ralenti mais poursuit la préparation des chantiers de cet été. Nous travaillons d’ores et déjà à préparer la stratégie de sortie de crise… »

Décalages à la reprise
Une sortie de crise qui verra apparaître de nombreuses problématiques… « Entre la France, l’Italie et l’Allemagne, tous les pays ne sont pas en confinement au même moment, observe Bruno Champmartin. Même lorsque les chantiers redémarreront, nous aurons du mal à disposer de certains matériels, chaudières en tête, en raison du décalage de la reprise d’activité. Les stocks risquent de ne pas être suffisants. » Sans compter l’interrogation autour des chantiers qui ont été mis en suspens jusqu’à nouvel ordre ou déjà décalés en 2021, ou des copropriétés qui souhaiteront toutes effectuer les travaux au même moment lors de la reprise de l’activité.

 

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