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La Capeb pousse ses feux avant la probable chute du Gouvernement

04 SEPTEMBRE 2025 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

Plus que quelques jours pour convaincre. La Capeb espère voir aboutir plusieurs de ses revendications avant le vote de confiance de lundi, en particulier le parcours de rénovation par étapes - qu'elle oppose à la rénovation d'ampleur - ainsi qu'un accès plus facile aux chantiers de rénovation pour les professionnels non RGE. Autre urgence de dernière minute : tenter de faire réintégrer l'isolation des murs et les chaudières biomasse dans la future version de MaPrimeRénov'.

JCReponCapeb

Alors que l’existence du Gouvernement est suspendue au vote de confiance qui aura lieu lundi, la Capeb s’active en coulisses pour faire avancer ses revendications auprès de l’encore ministre du Logement, Valérie Létard. Celles-ci sont nombreuses, rassemblées dans un document d’une trentaine de propositions intitulé « Plan de relance pour le secteur du bâtiment », remis début juillet à la ministre. L’accès des entreprises artisanales aux marchés de la rénovation énergétique figure parmi les principales préoccupations de la confédération. En effet, a déploré ce jeudi son président Jean-Christophe Repon lors de la conférence de rentrée de la Capeb, les importants montants alloués à la rénovation d’ampleur ont attiré des entreprises de tout bord qui ont siphonné les budgets. Avec à la clé des fraudes en cascade, qui ont conduit le Gouvernement à mettre en pause le dispositif dès le mois de juin, le temps d’y faire un peu de ménage. « Les rénovations d’ampleur captent la quasi-totalité du budget pour seulement 90 000 opérations. Ce n’est pas satisfaisant, dénonce Jean-Christophe Repon. On est loin de la massification ! ». A la rénovation d’ampleur, la Capeb oppose de longue date un parcours de rénovation par étapes, qui consiste à étaler dans le temps plusieurs gestes de travaux, au lieu de réaliser une rénovation globale en une seule passe. Aux yeux de la Capeb, ce parcours par étapes présente le double avantage de préserver l’accès des entreprises artisanales aux chantiers de rénovation énergétique tout en soulageant les finances publiques : des travaux moins coûteux, mais en plus grand nombre. Il y a un autre dossier sur lequel la Capeb pousse ses pions auprès de la ministre, celui de la validation des acquis de l’expérience. Il s’agit de permettre à des entreprises non qualifiées RGE de réaliser des chantiers de rénovation énergétique dans le cadre du dispositif MaprimeRénov’, les travaux étant assujettis à un audit en fin de chantier, selon le modèle du Consuel. La confédération, qui dit avoir l’oreille de la ministre sur ce dossier, se dit confiante de le voir aboutir avant lundi.

 

Une nouvelle urgence est apparue cette semaine à la lecture du projet de décret sur la prochaine mouture de MaPrimeRénov : tenter de faire réintégrer l’isolation des murs et les chaudières bois dans le futur dispositif. « Cela n’a pas de sens. On ne connaît pas encore l’enveloppe budgétaire, et on est déjà en train de décider la suppression de gestes dans le cadre d’un futur budget qui n’est pas encore négocié. Comment peut-on définir un parcours de rénovation si on supprime tel ou tel monogeste ? Nous nous prononçons bien évidemment contre la sortie de MaPrimeRénov’ de l’isolation des murs et des chaudières biomasse. » Sur tous ces dossiers, la Capeb espère avoir gain de cause avant lundi. Le compte à rebours est lancé.

 

Une activité toujours en net recul

Neuvième trimestre consécutif de baisse pour l’artisanat du bâtiment. Au 2ème trimestre 2025, l’activité a reculé de -4,5 % par rapport à la même période un an plus tôt, relève la Capeb dans sa note de conjoncture trimestrielle. Sur 12 mois glissants, le recul est conséquent : – 5,1 %. L’activité souffre notamment de la faiblesse de la construction neuve (-9 %), en particulier des maisons individuelles. Le segment entretien/rénovation et rénovation énergétique recule pour sa part à -1,5 %, en baisse pour le 5ème trimestre consécutif.

Si toutes les régions sont impactées, deux le sont davantage : le Centre Val de Loire (-9 %) et la Nouvelle Aquitaine (-6,5 %). Par métiers, les entreprises de plomberie-chauffage-couverture voient leur activité reculer au même rythme qu’au trimestre précédent (-3,5 %). Celles d’électricité et de maçonnerie, après avoir chuté lourdement, retrouvent quelques couleurs, tout en restant dans le rouge (-3 % et -5 %). Tous métiers confondus, les carnets de commandes s’établissent en moyenne à 68 jours (ils étaient de 101 jours trois ans en arrière).

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