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L’Afpac s’interroge quant au label Energie-Carbone

28 MARS 2017

Pour l’Afpac, les calculs d’obtention du label Energie-Carbone qui préfigure la réglementation environnementale du bâtiment sont particulièrement pénalisants pour les systèmes thermodynamiques.

Future réglementation Performance environnementale des bâtiments neufs

Lors de son assemblée générale du 22 mars, l’Association française pour les pompes à chaleur a fustigé les incohérences de la mise en place du label Energie-Carbone, phase expérimentale de la future réglementation Performance environnementale des bâtiments neufs (PEBN). Si l’indicateur « Bilan BEPOS » s’appuie fortement sur la RT 2012, qui est conservée, ce label introduit un volet nouveau : la performance environnementale du bâtiment, caractérisée par ses émissions de gaz à effet de serre et de CO2, et ce sur l’ensemble de son cycle de vie (calcul ACV).
Dans le volet performance énergétique, l’administration a souhaité ajouter un 6ème usage aux 5 déjà connus de la RT (chauffage, refroidissement, éclairage, eau chaude et auxiliaires) : la consommation des appareils de type téléviseurs, ordinateurs, mais aussi machines à laver, ascenseurs, parkings ou encore prises électriques. «Cela nous a surpris car des réglementations existent déjà pour réguler la consommation maximale de ces appareils, comme la Directive Ecodesign, a souligné Eric Bataille (Groupe Atlantic), secrétaire adjoint de l’Afpac. Ce mélange des genres risque de diluer la consommation liée aux réels besoins du bâtiment et donc celle liée à nos produits. Noyés dans la masse, ils vont perdre de l’importance. Nous le regrettons et nous l’avons exprimé.»

 

La filière doit prendre le temps de se roder

Autre sujet de questionnement, le nouvel indicateur Bilan BEPOS va prendre en compte la consommation non renouvelable et en déduire la production d’électricité locale et réexportée sur le réseau. « Nous avons aussi quelques doutes à ce sujet, a ajouté Eric Bataille. Pour nous, il ne s’agit pas de la consommation du bâtiment et cela nous semble de nature à focaliser les investissements sur le photovoltaïque au détriment d’appareils performants de production de chaleur renouvelable. » Là encore, l’Afpac a souhaité se faire entendre mais ne semble pas, pour le moment, l’avoir été. Eric Bataille a également mis le doigt sur deux autres points soumis à interrogation. Deux nouveaux indicateurs ont été mis en place : le ratio d’énergie renouvelable (RER), qui ne tient pas compte de la récupération d’énergie, et l’indicateur de confort d’été (DIES) qui, espère-t-il, permettra de mettre en œuvre des éléments travaillés dans le cadre de la RT 2012 mais qui n’avaient pas été appliqués à ce moment-là. Il a aussi rappelé que la principale nouveauté pour la filière est la prise en compte de la performance environnementale du bâtiment - et donc l’analyse de son cycle de vie – et souhaite que l’administration laisse du temps aux professionnels pour se roder à cette pratique et faire en sorte que les indicateurs soient les plus pertinents possibles. En effet, un bon nombre d’outils ne sont pas encore assez complets, ce qui a conduit à établir une méthode de calcul simplifiée. Mais comme il s’agit de valeurs par défaut, elles sont de fait pénalisantes. Les fiches Profils environnementaux produits (PEP), caractérisant les quantités de CO2 nécessaires à la fabrication des équipements et des produits de construction, doivent encore être élaborées. La filière y travaille. Enfin, Eric Bataille s’est interrogé pour savoir quels seront les seuils de performance environnementale exigés par la future réglementation. Car si le niveau Carbone 1 est assez facile à atteindre pour l’ensemble des équipements, quid du niveau 2, autrement plus exigeant ? Quant au niveau 3… Il semble inaccessible.

 

«Out», les PAC double service et air/air

Pour tenter de répondre à cette question, le syndicat Uniclima a partagé avec l’Afpac les résultats des études d’impact qu’il a réalisées. « Trois types de bâtiments ont été retenus, a expliqué Valérie Laplagne, vice-président de l’Afpac. Une maison individuelle, un immeuble de 40 logements et un immeuble de bureaux de 4 000 m2. Pour chacun, nous avons choisi une dizaine de variantes d’équipements. » Et les résultats sont sans appel. « Dès que l’on vise le niveau 3, cela devient très compliqué pour la chaleur renouvelable, excepté pour le bois et le photovoltaïque. » Photovoltaïque qui fait office de variable d’ajustement dans ce référentiel, et « c’est un peu ce qu’on lui reproche ». Du côté des émissions de CO2, l’étude a réservé une très mauvaise surprise en ce qui concerne les équipements thermodynamiques. Des résultats qui n’étaient pas les mêmes lors des premiers calculs effectués à l’automne dernier, au moment de la publication des premiers référentiels. « La Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DUHP) a modifié, sans en avertir personne, la formule qui permet de calculer l’impact CO2 des fluides frigorigènes. Et le résultat après modification sort totalement des critères les PAC double service et la PAC air/air, pour la maison individuelle. » Les hypothèses de taux de fuite retenues vont bien au-delà de la réglementation en vigueur. « C’est tout à fait discutable puisque, pour les autres postes, ce sont les hypothèses réglementaires qui sont retenues. » L’incompréhension est totale, les discussions en cours au ministère. On dirait bien que l’Afpac a encore du pain sur la planche pour faire entendre sa voix…

Plus d’informations dans un prochain dossier du magazine CFP consacré au label Energie-Carbone.

 


 

174 000 pompes à chaleur en 2016

Après avoir exposé les chiffres du marché des systèmes thermodynamiques en France, laissant apparaître une croissance de 1 % en 2016, avec 174 000 appareils vendus, Thierry Nille (De Dietrich), président de l’Afpac, a fait le point sur les tendances de demain : couplage avec du photovoltaïque, attention portée au design et à la maîtrise du bruit pour les groupes extérieurs ou encore applications et contrôles à distance intuitifs… Notamment présentées lors du salon ISH à Francfort, ces innovations sont la preuve de la dynamique qui anime le marché européen de la pompe à chaleur.
 


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