Toute l'information des acteurs de l'efficacité énergétique
Magazine CFP
Magazine L'installateur

Jean-Christophe Repon : " Dans un contexte économique déjà compliqué, tout s'est arrêté "

27 JUIN 2024 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

« Je ne vois pas comment l’année 2024 ne sera pas en net recul ». A Bordeaux, où se tenaient cette semaine les toutes premières Rencontres des Métiers du Bâtiment de la Capeb (ex-Journées Professionnelles de la Construction), le président Jean-Christophe Repon n’a pas dissimulé son pessimisme. Seule note positive, le maintien, pour l'instant, du taux réduit de 5,5 % sur les chaudières.

Repon

« Les devis sont à l’arrêt, il y a de l’incertitude et de l’attentisme. Nous entrons dans une pédiode de doute ». Après un début d’année catastrophique, la révision de MaPrimeRénov’ devait redonner un peu d’air aux professionnels du bâtiment. L’actualité politique rebat sérieusement les cartes. « En tant qu’organisation professionnelle, la période est compliquée. Nous avions obtenu des avancées majeures, des aménagements sur MaPrimeRénov’, la limitation du nombre de rangs de sous-traitance, nous allions entrer en phase de négociations sur des revendications telles que la simplification du dispositif RGE ou encore la place de la TPE dans l’activité du bâtiment - et là, dans un contexte économique déjà pas très favorable, tout s’arrête. Avec le Gouvernement actuel, nous étions en négociations poutr tenter d'obtenir de la stabilité dans les dispositifs pour au moins les deux années à venir, simplifier MaPrimeRénov', bâtir un parcours de rénovation simple ». Car, précise Jean-Christophe Repon, la rénovation énergétique, qui devait être la locomotive de l’activité, n’a pas été au rendez-vous. « Une vraie déception », déplore-t-il. 


S’il se félicite du retour en grâce du mono-geste dans MaPrimeRénov', le président de la Capeb se défend de l’opposer à la rénovation globale. En toute logique, plus il y a de rénovations globales, plus cela génère d'activité pour l’artisanat du bâtiment, fait-il valoir. « Nous disons juste que la rénovation globale, telle qu’elle a été proposée, n’est pas adaptée. Notre position à la Capeb est d’amener le particulier à la rénovation globale par deux ou trois mono-gestes étalés sur un parcours de travaux sur quelques années. Nous avions deux ans pour bâtir ce parcours ». Autre chantier à l’arrêt, celui lié aux évolutions du dispositif RGE. « C’est important car le nombre de RGE ne cesse de reculer ». Le nombre de professionnels RGE s’établirait aujourd’hui entre 42 000 et 45 000, contre 65 000 il y a trois ans. Jean-Christophe Repon se montre sévère à l’égard du dispositif : « D’un côté le RGE n’a pas empêché la fraude, de l’autre on voit de plus en plus d’entreprises quitter le dispositif. Donc on voit bien que le modèle n’est pas satisfaisant et ne répond pas à la demande ».


A l’attention des candidats aux élections législatives, la Capeb a réuni dans un Manifeste en huit points les revendications quelle juge prioritaires. « Nous y exprimons la nécessité de remettre la TPE au cœur du débat, au cœur de la société et de l’économie. Il faut que la TPE soit considérée dans le débat politique comme un modèle sociétal, qui forme des apprentis, qui est présent sur l’ensemble du territoire et qui représente une plus-value pour la société ». S’il ne donne pas de consigne de vote, Jean-Christophe Repon enjoint les artisans de « prendre de la hauteur » et d’examiner attentivement les programmes « en responsabilité ». Dernièrement sur BFM Business il déclarait : « Regardez, soyez attentifs sur le contenu des programmes, qu’ils soient économiques ou sociaux, regardez également la capacité à les engager sans détériorer les finances publiques et sans augmenter les impôts, ce qui est important aussi pour la TPE. Je demande aux adhérents une grande vigilance, une grande analyse et regardez aussi ce qui a été fait dans le passé par les forces en présence (...). Je rappelle juste à mes adhérents que quand on a été difficulté lors du Covid, nous, les entreprises de 1 à 10, avons été fortement aidés, fortement accompagnés ».
----------------------------------------------------------

TVA sur les chaudières gaz : le taux de 5,5 % maintenu… pour l’instant

Une satisfaction dans ce lot de mauvaises nouvelles, le président de la Capeb a salué le maintien du taux réduit de 5,5 % sur les chaudières gaz. « C’est la seule bonne nouvelle », a-t-il lancé en séance plénière de clôture. Pour rappel, le taux de TVA applicable aux chaudières gaz devait, par arrêté, passer à 10 % ce 1er juillet. En raison du contexte politique, l’application de cette mesure bénéficie d’un sursis, mais elle reviendra assurément sur la table. 10 % semble faire consensus, mais certains échos évoquent un retour à un taux normal de 20 %. « Il y a un lobbying fort en France pour faire évoluer la chaudière gaz à un taux de 20 %, mais là, la Capeb sera vent debout, elle ne passera pas à 20 % », assure Jean-Christophe Repon.

L'INSTALLATEUR

REAGISSEZ A CET ARTICLE (Pour commenter, vous devez vous inscrire)