Temps fort de la vie des artisans « en coopérative », le salon de l’Orcab s’est tenu la semaine dernière à Nantes. Il a réuni pendant deux jours 11 000 professionnels du bâtiment et près de 500 exposants. L'Installateur y était.

Tous les deux ans à la même époque, les artisans adhérents des coopératives du bâtiment membres de l’Orcab affluent vers Nantes. L’occasion de rencontrer les fournisseurs référencés – ils étaient près de 500 cette année – d’échanger et de partager des moments de convivialité. Parti de Vendée il y a un demi-siècle, le mouvement coopératif a fait du chemin. Il réunit aujourd’hui 41 coopératives artisanales du bâtiment disséminées sur une grande partie du territoire, 17 en plomberie, 19 spécialisées dans le bois, les autres en gros œuvre et pièces détachées, certaines comptant plusieurs agences, soit un total de 78 implantations. En nombre d’adhérents, les professionnels du bois sont majoritaires (5100 entreprises), suivis des plombiers-chauffagistes (4000) et des spécialistes du gros œuvre (500).
Chiffre d’affaires stable
Le chiffre d’affaires cumulé des coopératives s’est élevé en 2025 à 1,334 milliard d’euros. Un chiffre stable par rapport à l’année précédente, mais qui reste en retrait de 6 % par rapport à 2023, confie Stéphane Windsor, directeur général de l’Orcab qui se réjouit toutefois de la bonne résistance du modèle coopératif dans un contexte de marché difficile. 2026 démarre encore timidement, mais les remontées terrain font état d’une forte demande de devis et d’une hausse de fréquentation des salles d’expo.
L’augmentation du taux d’achat des adhérents auprès de leur coopérative reste un des principaux réservoirs de croissance. Il se situe aux environs de 50 % en moyenne au niveau national. Mais il va bien au-delà dans certaines coopératives, par exemple plus de 80 % chez VST, celle par qui tout a commencé il y a 50 ans à La Ferrière en Vendée. « La coopérative est un véritable outil de développement et de performance. Un adhérent qui achète 80 % de ses produits auprès de sa coopérative gagne un jour par semaine », avance Stéphane Windsor. Achats, négociations avec les fournisseurs, livraisons sur site, services… tout doit permettre à l’artisan de se concentrer sur son travail et d’éviter les pertes de temps inutiles. Côté logistique, l’Orcab cumule plus de 200 millions d'euros de stock sur une surface totale de stockage de 850 000 m² dont 28 000 m² sur la plateforme nationale de Rocheservière, toujours en Vendée.
IA et transmission
Parmi les gros chantiers en cours, l’Orcab s’intéresse de près à l’intelligence artificielle. Une cellule « data » composée d’une dizaine de personnes a été spécifiquement créée pour qualifier et structurer toutes les données fabricants, avec comme finalité de simplifier le parcours utilisateur, par exemple lors de la prise de commande.
Autre dossier d’importance inscrit à l’ordre du jour du conseil d’administration de l’Orcab, celui de la transmission. Un sujet brûlant si l’on considère qu’entre 40 et 50 % des entreprises artisanales seront à céder d’ici une dizaine d’années. « Nous sommes très attachés à ce que perdure ce tissu d’entreprises artisanales libres et indépendantes. Un territoire sans entreprise artisanale, c'est comme un territoire sans médecins. Et clairement s'il n'y a plus d'entreprise artisanale, il n’y a plus de coopératives… » Enjeu crucial s’il en est.
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Joël Schoener, président de l'Orcab et Stéphane Windsor, directeur général