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"Faute de masques, 80 % des techniciens de maintenance sont au chômage partiel"

09 AVRIL 2020

Le président du Synasav, syndicat des professionnels de la maintenance, Patrick Carré revient sur les conditions d'intervention des entreprises de maintenance dans les logements, qui devraient recevoir fin avril 500 000 masques. Si le plan se déroule sans accroc...

Patrick Carre

Comment s’articule l’activité des adhérents du Synasav en cette période de crise sanitaire ?

80 % de nos techniciens sont au chômage partiel depuis le 17 mars, ce qui représente 9 000 personnes. Les visites d’entretien annuelles des pompes à chaleur et des chaudières n’étant pas essentielles ont en effet été annulées. Les 20 % restants (soit 3 000 techniciens) qui assurent la permanence d’urgence, à savoir les pannes sur les équipements de chauffage, d’eau chaude, les fuites d’eau et de gaz, sont eux débordés. Ils effectuent 30 000 interventions par jour en France, ce qui représentent en moyenne 8 à 10 interventions journalières par technicien.

Qu’ont-ils à leur disposition ?

Dès le 17 mars et la première période du confinement, nous avons préparé et mis en place un protocole d’intervention afin que nos adhérents puissent prendre des précautions. C’était primordial car nous sommes les seuls à entrer chez l’occupant aujourd’hui ! Ce protocole a été validé fin mars par l’OPPBTP, l’organisme de prévention du bâtiment, et s’intitule fiche de « gestion de l’intervention du technicien chez l’occupant confiné ». Mais cette fiche ne protège pas contre le virus...

Vous revendiquez ainsi la nécessité d'avoir des masques pour les techniciens sur le terrain ?

Clairement. J’ai échangé avec le ministre chargé de la Ville et du Logement Julien Denormandie cette semaine pour lui faire part de plusieurs remarques. Le gouvernement souhaite que toutes les entreprises reprennent le travail. Très bien. Nous sommes d’accord sur ce point car nous dépannons et nous ne pouvons pas laisser un foyer sans eau ni chauffage pendant cette période. Je comprends que le gouvernement privilégie en ce moment le personnel de santé mais comment cela se passe si un de nos techniciens contamine un des occupants d'un foyer ou inversement ? Nous voulons jouer le jeu pour la relance de l’économie mais il faut que le gouvernement se tourne vers nous pour nous fournir des masques, désormais nécessaires et obligatoires. Nos techniciens ont à ce jour seulement des gants, des lingettes... Même en respectant les gestes barrières de sécurité, cela est insuffisant.

Avez-vous pu passer une commande ?

Julien Denormandie nous a aiguillé vers la Direction générale des entreprises (DGE) afin de nous épauler. Nous avons pu commander 500 000 masques FFP2 en provenance de Shangaï qui devraient arriver entre le 22 et le 24 avril. Ces masques nous permettraient de tenir trois mois - à raison de 2 masques par jour et par personne -, afin de recommencer l’activité totalement, les urgences mais aussi les visites d’entretien.

Combien cela vous coûte-t-il ?

Le prix d’un masque à l'unité est de 1,70 euro. Le coût de la commande s’élève à 850 000 euros – nous payons 50 % du prix à la commande, 50 % à la livraison –, mais nous rencontrons de nombreux points d'interrogations. Comment les réceptionner ? Comment les envoyer auprès de nos adhérents ? Qui vérifie la qualité des masques ? Est-on vraiment sûr qu’ils arriveront à destination ? Tout cela devrait être réglé ce vendredi 10 avril avec Nexway, notre prestataire de livraison.

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