A l’occasion de la Journée de la chaleur renouvelable, les représentants du Syndicat des EnR, d’Amorce et de la Fedene ont dressé le bilan 2025 de la chaleur renouvelable et de récupération : si plus du quart de la production de chaleur est déjà d’origine renouvelable, les efforts pour continuer à la décarboner doivent se poursuivre.

« La chaleur représente plus de 40 % de l’énergie consommée en France, ce qui en fait un enjeu central de notre politique énergétique et climatique. Si sa production repose encore majoritairement sur des énergies fossiles importées, elle se verdit d’année en année », tel est le message adressé en chœur par Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, Pascal Guillaume, président de la Fedene, et Jules Nyssen, président du Ser. Un message confirmé par la 9e édition du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération, publiée par l’AFPG, le CIBE, la Fedene, le Ser et Uniclima, avec le soutien de l’Ademe. La chaleur renouvelable progresse : fin 2024, elle représentait 28,9 % de la consommation finale de chaleur en France métropolitaine. Au total, ce sont 178,9 TWh de chaleur renouvelable qui ont été produits en 2024, auxquels s’ajoutent la chaleur de récupération, ce qui porte la production totale de chaleur EnR&R à 185 TWh en 2024.
« Alors que les évènements au Moyen-Orient rappellent avec force la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3) définit une trajectoire ambitieuse pour la décarbonation de la chaleur : les objectifs fixés conduisent à une multiplication par plus de deux de la consommation de chaleur renouvelable et de récupération d’ici à 2035 », a rappelé Nicolas Garnier.
Objectif : + 8 % de croissance annuelle
Atteindre ces objectifs suppose donc une forte accélération : + 8 % de croissance annuelle entre 2024 et 2030 et entre + 2 % et + 8 % entre 2030 et 2035. « Ce rythme, certes ambitieux, reste réaliste dans la mesure où il a déjà été atteint par le passé : entre 2021 et 2022, la consommation de chaleur renouvelables et de récupération a augmenté de 7,8 %. »
La dynamique s’illustre ainsi par une centaine de projets de géothermie profonde identifiés ; un gisement de chaleur fatale encore largement inexploité : 8 TWh1 de gisement identifié dans les unités de valorisation énergétique (UVE) et 85,2 TWh2 dans l’industrie ; une progression des grands projets solaires thermiques, en plein essor dans l’industrie agroalimentaire avec 9 MW mis en service en 2025 ; une demande de subventions record auprès du Fonds Chaleur, qui atteint 1,5 milliard d’euros au premier trimestre 2026.
« Alors que la décarbonation de notre économie s’impose comme une priorité absolue, il est impératif de renforcer les dispositifs qui ont prouvé leur efficacité, notamment le Fonds Chaleur, MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économie d’Énergie », insistent les représentants des filières renouvelables.
Lire la suite de l’article dans le prochain numéro de Chaud Froid Performance