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Electrification des usages : le « oui, mais » de Pascal Housset

09 AVRIL 2026 - JOURNAL L'INSTALLATEUR

Alors que doit être prochainement annoncé le plan national d’électrification des usages, dont on sait qu’il fera la part belle à la pompe à chaleur pour ce qui est du chauffage des bâtiments, Pascal Housset, président de l’UMGCCP-FFB, et fraîchement élu à la vice-présidence de l’Afpac, met en garde et demande qu’un langage de vérité soit tenu sur l’état du réseau électrique. A une électrification massive du chauffage, il oppose une vision plus raisonnée reposant sur la mixité des énergies.

PascalHousset Droits réservés

Que les choses soient bien claires, prévient Pascal Housset, l’intention n’est pas de s’opposer à la pompe à chaleur. « Bien au contraire, en tant que professionnels du chauffage, ça nous va très bien d’installer des pompes à chaleur. Le problème n’est pas là. Mais sur le terrain, les choses sont un peu plus compliquées qu’il n’y paraît vu d’en haut ! » Le maillon faible est pointé du doigt : le réseau électrique, dont l’état ne permettrait pas le déploiement à grande échelle de la pompe à chaleur souhaité par les pouvoirs publics, estime le président des plombiers-chauffagistes de la FFB. Sans compter que d’autres usages électriques vont être intensifiés, en premier lieu la mobilité avec l'accélération du déploiement de bornes de recharge. « Il ne faut plus être dans le déni, cesser de dire que tout va bien, que c’est un non-sujet. Dans la vraie vie, il y a des problématiques de réseau importantes sur l’ensemble du territoire. En milieu rural notamment, on sait que l’on ne peut pas mettre partout des pompes à chaleur de puissance suffisante, le réseau n’ayant pas la capacité de supporter du triphasé. De même, dans des immeubles neufs en milieu urbain, on n’a pas toujours la puissance disponible nécessaire à l’installation de pompe à chaleur, y compris sur des bâtiments très performants en termes d’isolation. » Pour le président de l’UMGCCP, un langage de vérité doit être tenu : « Nous voulons une discussion franche avec l’ensemble des acteurs concernés, savoir si Enedis se verra allouer des moyens pour renforcer les réseaux.»

Mix énergétique

Une voie alternative, défendue par Pascal Housset et par une bonne partie de la filière professionnelle du secteur, repose sur la mixité des énergies. « La bonne énergie au bon endroit, c’est ce qui nous paraît être le plus en cohérence avec le territoire, pour équilibrer les réseaux en période de forte demande. Les solutions hybrides en particulier permettent de répondre aux situations où l’on se trouve dans l’impossibilité technique d’être en 100 % Pac. Il faut également promouvoir davantage la méthanisation et le gaz vert. C’est de la production locale et qui plus est, un soutien aux agriculteurs. On dispose de toute une chaîne vertueuse malheureusement inexploitée, à vouloir uniquement fonctionner en mode électrique. »

L'INSTALLATEUR

 

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