Nombre de pompes à chaleur, on le sait, ont été installées chez des ménages en situation de précarité énergétique qui ont vu dans les « coups de pouce » et autres opérations à 1 euro la bonne occasion pour ranger leur vieille chaudière aux oubliettes. Sauf que beaucoup d'entre elles ne font l'objet d'aucun entretien. Et le jour où une pièce doit être remplacée, l'addition est salée...

De l’avis de nombreux observateurs, il n’est pas toujours facile de se faire entendre lorsque l’on évoque la question de l’obligation d’entretien chez les détenteurs d'une pompe à chaleur. «On a beau faire des relances, beaucoup restent sourds à nos propositions. Tout simplement par manque de moyens financiers», témoigne Jean-François Cerise, installateur en Dordogne et vice-président de l’Association française de la pompe à chaleur (Afpac). Or, ne pas faire entretenir un appareil, c’est prendre le risque d’une usure prématurée des composants et d’une fragilisation de l’équipement. Et lorsque survient la casse, d’un compresseur par exemple, ou lorsqu’il faut changer une carte électronique, la note est salée, parfois très salée. «Le client n’a pas idée du coût des interventions sur les pompes à chaleur, supérieur à celui sur des chaudières. Bien souvent il s’abrite derrière la garantie pièces détachées du constructeur, en oubliant que celle-ci ne s’applique que si l’appareil est couvert par un contrat d’entretien. Si le client n’a pas les moyens, il va laisser tomber sa pompe à chaleur pour remettre des convecteurs ou un autre chauffage de fortune. On va droit vers une bombe sociale !». Et d’appeler les pouvoirs publics à se saisir du problème au moyen d’une campagne nationale de sensibilisation. «L’idée serait de dire : vous êtes équipé d’un appareil performant, il faut qu’il soit entretenu pour qu’il conserve ses performances, comme une voiture». A bon entendeur...