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CITE 2020 : la déception !

02 OCTOBRE 2019 - L'installateur

D’un côté des ménages aisés exclus du dispositif, de l’autre des ménages modestes qui se retrouvent au final avec un reste à charge plus élevé que prévu : la transformation du CITE en prime à partir du 1er janvier, si elle est partie d’une bonne intention, a pour l’instant un goût amer.

pac et cite

La profession dans son ensemble est vent debout pour dénoncer le barème des niveaux de primes présenté dans le projet de loi de finances 2020. En l’état, l’objectif de remplacer 600 000 chaudières en deux ans a du plomb dans l’aile, déplore notamment l’Association françaises pour les pompes à chaleur (AFPAC), alors que les premiers résultats étaient plutôt encourageants. «Le reste à charge pour l’installation d’une pompe à chaleur en ce qui concerne les ménages modestes et très modestes demeurera dissuasif : 4238 € pour les très modestes et 5238 € pour les modestes, sur la base d’un montant des travaux de 12 238 € pour une PAC air/eau, relève l’AFPAC. La CAPEB de son côté dénonce par voie de communiqué «l’incohérence de la politique gouvernementale en matière environnementale et économique (..) Les très modestes qui pouvaient réaliser en 2019 des opérations à zéro euro en cumulant tous les dispositifs vont devoir débourser en 2020 des montants très importants, équivalents à 25 % des travaux réalisés.» Et le président Patrick Liébus de prédire de «sévères répercussions» sur le marché de la rénovation. «Les passoires thermiques ne seront pas éradiquées, les ménages modestes continueront à utiliser leurs chèques énergie et le bilan carbone stagnera pour longtemps.» Inquiète également, la FFB par la voix de son président Jacques Chanut estime que «la transformation du CITE en prime manque ses objectifs.» Dénonçant l’exclusion des ménages aisés qui consomment environ la moitié du dispositif actuel, la FFB souligne également la complexité du dispositif : «On passe d’une mécanique facile à expliquer aux ménages à 104 cas de figures sur deux ans et une entrée en vigueur progressive (..) Il s’agit d’un risque majeur qui ne peut que conduire à un effondrement du marché.» Mécontente également, la filière gaz, face à l’exclusion du dispositif des ménages intermédiaires pour l’acquisition de chaudières gaz très haute performance. «Nous ne comprenons pas cette décision, qui va à l’encontre des enjeux en matière d’économie d’énergie et de réduction d’émissions de gaz à effet de serre», s’exprimait Bernard Aulagne la semaine dernière dans nos colonnes.

La bataille parlementaire va commencer, chacun faisant jouer ses soutiens, et nul doute qu’elle va faire rage.

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