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BTP : la fonction « études », un levier stratégique

16 MARS 2026 - CFP

Une étude récente de l’Observatoire des métiers du BTP met en lumière l’importance stratégique des métiers liés aux études. Une fonction qui, face à la complexification des chantiers et aux transformations écologiques et numériques du secteur, prend une place croissante dans les entreprises du bâtiment. L’étude souligne également les défis à venir en matière de compétences, de formation et de recrutement.

Fonction études

Dans le BTP, la fonction « études » regroupe l’ensemble des activités qui permettent de concevoir les solutions techniques d’un projet, produire les plans, établir les métrés et chiffrages, et préparer l’exécution des travaux. Elle constitue ainsi un maillon essentiel pour garantir la maîtrise technique et économique des opérations.
Aujourd’hui, plus de 92 000 salariés occupent un métier dédié à cette fonction dans le secteur. Dans le bâtiment, cela représente environ 58 300 salariés, soit 5,2 % des effectifs, contre 33 700 salariés dans les travaux publics, soit 10,2 % des effectifs. Les métiers concernés sont variés : dessinateur-projeteur, métreur, ingénieur méthodes, chargé d’études de prix ou encore Bim manager.
La présence d’un poste dédié aux études dépend largement de la taille de l’entreprise. À partir de 10 salariés, ces fonctions apparaissent fréquemment ; au-delà de 20 salariés, elles deviennent quasiment systématiques.
À l’inverse, dans les petites structures dépourvues de poste spécifique, les études sont très souvent assurées par les dirigeants eux-mêmes : dans 75 % des cas, ces derniers réalisent directement ces tâches, qui représentent parfois une part importante de leur temps de travail.

Des besoins en compétences en hausse
Dans les cinq prochaines années, les entreprises du BTP devraient avoir besoin d’environ 3 500 nouveaux professionnels par an dans ces métiers : 2 200 dans le bâtiment et 1 260 dans les travaux publics.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : la complexification des projets et des équipements ; l’adaptation au changement climatique ; le développement du marché de la rénovation ; l’évolution des réglementations ; une concurrence accrue qui impose d’optimiser les coûts et les solutions techniques.
Malgré ces besoins, les effectifs ne devraient augmenter que modérément. La diffusion progressive des outils numériques et des logiciels spécialisés pourrait en effet améliorer la productivité des études.
Les entreprises considèrent majoritairement que la fonction études doit rester internalisée. Elle leur permet notamment de mieux maîtriser les coûts, les délais et la qualité technique des projets. Externaliser ces activités peut entraîner une perte de contrôle sur les marges et le calendrier des chantiers.
Dans les petites entreprises, toutefois, la situation devrait peu évoluer : les dirigeants continueront souvent à assumer eux-mêmes ces missions, même si le temps consacré aux études devrait augmenter.

Tensions sur les formations
Chaque année, plus de 12 500 personnes sortent de formations susceptibles de conduire aux métiers des études dans le BTP. Pourtant, les entreprises rencontrent encore des difficultés de recrutement.
Dans le bâtiment, les employeurs privilégient désormais les profils Bac +3 plutôt que Bac +2 afin de répondre à la montée en technicité des métiers. Dans les travaux publics, la complexité des projets conduit souvent à rechercher des profils Bac +5.
Face au manque de formations spécialisées, notamment en travaux publics, la promotion interne reste une voie importante : des professionnels issus du terrain, comme les conducteurs de travaux, évoluent vers les fonctions d’études.
L’étude souligne également la nécessité d’intégrer davantage deux thématiques dans les formations : l’intelligence artificielle, dont les usages restent encore émergents mais devraient se développer avec les logiciels métiers ; la transition écologique, qui impose de nouvelles compétences liées aux matériaux, aux modes constructifs et à l’adaptation au changement climatique.
Pour répondre aux défis du secteur, plusieurs pistes sont avancées : renforcer l’attractivité des métiers, anticiper les départs à la retraite, développer les compétences des dirigeants et améliorer l’opérationnalité des formations.

Télécharger l’étude complète

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