C’est un allié de poids inattendu que se sont trouvé les défenseurs de la chaudière gaz, en la personne du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. A contre-courant de la première ministre qui s’était prononcée fin mai en faveur de la suppression des chaudières gaz, Bruno Le Maire s’est, lui, prononcé contre le principe d’interdiction, préférant parler d’incitation au changement.

«Je suis très réservé vis-à-vis des interdictions, j’ai toujours parié sur l’intelligence de nos compatriotes, sur l’accompagnement», a déclaré Bruno Le Maire dimanche 9 juillet alors qu’il était interrogé sur la chaîne LCI en marge des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. «Je suis opposé à l’interdiction des chaudières à gaz. C’est une mauvaise idée, qui va susciter beaucoup d’inquiétudes chez nos compatriotes les plus modestes (…) On peut obtenir exactement le même résultat avec des dispositifs incitatifs», a-t-il poursuivi. Des dispositifs incitatifs qui pourraient prendre la forme, par exemple, de taux de TVA différents selon les équipements installés, une piste déjà évoquée en haut lieu. L'hypothèse d'un taux de TVA à 20 % pour les chaudières gaz a circulé.
Si elle ne clarifie pas le sort réservé à la chaudière gaz dans le futur - il faudra pour cela attendre les résultats de la concertation en cours jusqu'au 28 juillet - la position du ministre témoigne d'une volonté d'apaiser les esprits. Nul n'ignore que le chauffage au gaz concerne 12 millions de foyers et, alors que les sujets de mécontentement s'accumulent (ZFE, crise du logement, etc.), inutile de prendre le risque de voir les ronds-points de nouveau envahis de gilets jaunes...
L'Installateur