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Baisser nos prix pour relancer la machine après la crise serait un mauvais calcul

08 AVRIL 2020 - L'Installateur

Revue d’effectifs ce matin chez GMPJ&NS où trois salariés reviennent à l’atelier après un plus de trois semaines de confinement. Pas vraiment un air de rentrée des classes pour autant, il ne s’agit pas de reprendre une activité normale, mais de voir comment traiter ce qui peut l’être sans faire prendre de risques ni au personnel ni aux clients.

GMPJ & NS à St Hilaire de Riez en Vendée

Par mesure de précaution, la réunion se fera dans l’atelier et non au bureau, afin de laisser suffisamment d’espace « barrière » entre chacun. L’apprenti, lui, a été prié de rester chez lui. L’activité ne manque pas habituellement en cette période de l’année, mais depuis le 16 mars, l’entreprise est à l’arrêt, ici en Vendée* comme partout ailleurs. Les employés ont été placés en chômage partiel. Le gérant, Nicolas Glock, a assuré seul les dépannages, en les groupant, à raison de trois à quatre tournées par semaine. «On va rembaucher un peu en plomberie-chauffage, à raison d’une journée par semaine dans un premier temps. On va commencer par l’entretien des chauffe-eau des mobile-homes du camping. Il est fermé, il n’y a personne, donc on en profite.» Pour les chantiers, c’est une autre paire de manches. L’entreprise devait réaliser une dizaine de salles de bains entre avril et mai. Les maisons étant habitées, tout a été décalé et reporté à plus tard, sans donner de date précise. «On ne peut pas s’engager sur une date avant de connaître la fin du confinement !» Un seul client, retraité, insiste pour que l’on vienne faire les travaux chez lui. «Mais on ne peut pas, il faut être deux pour porter une baignoire, et je ne veux pas envoyer plus d’un gars à la fois au même endroit.» Comme beaucoup d’artisans, Nicolas Glock a lu le guide de préconisations sanitaires qu’il juge assez compliqué à mettre en place. Subsiste de toute façon le problème de la pénurie de masques. «J’en ai commandé mais les délais de livraison sont aléatoires.»

Baisser nos prix pour relancer la machine, pas sûr que ce soit la bonne solution

Comment entrevoit-il la reprise ? «Il va falloir faire des heures, sortir des chantiers, tout le monde en est conscient. D’abord reprendre là où on s’est arrêté mais aussi tenter de reconstituer le carnet de commandes pour l’après.» Sa crainte : qu’il y ait un gros creux ensuite, que les clients reportent ou diminuent leurs investissements. «J’ai fait un seul devis en trois semaines. Je ne suis pas de nature pessimiste, mais je pense que la suite va être compliquée. Relancer la machine, ça va prendre un peu de temps, aussi bien du côté des fournisseurs que des chantiers. Les gestes barrières vont sûrement perdurer, ce ne sera pas sans conséquences sur nos métiers, avec des interventions qui prendront plus de temps. Il faudra le prendre en compte dans nos devis. Un collègue me dit qu’il faudra que l’on baisse nos prix. Je ne le pense pas. Certains l’ont fait en 2008, ils ne sont plus là. Avec un bilan qui va déjà être compliqué, si en plus il faut baisser les tarifs… Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. Le matériel on ne va pas le payer moins cher, le temps passé non plus… Certains prendront du marché, mais pas longtemps… Pour l’heure, il faut garder le moral… et le donner à l’équipe !»

(GMPJ&NS à Saint-Hilaire de Riez)

 

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