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RE 2020 (suite) : une certaine satisfaction, aussi

26 NOVEMBRE 2020 - L'installateur

Pompes à chaleur, solaire thermique, biomasse, géothermie… : la disparition du chauffage au gaz en logement neuf, désormais prévue dans la RE 2020, fait aussi des heureux.

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Équilibre des Énergies : "Enfin des actes !"

«Enfin des actes ! Avec la RE 2020, le gouvernement est fidèle à ses engagements. Pour la première fois, la réglementation des bâtiments s’attaque directement aux émissions de gaz à effet de serre», se réjouit Brice Lalonde, président de l’association Équilibre des Énergies. Qui rappelle l’enjeu : une maison RE 2020 devrait émettre 10 fois moins de CO2 qu’une maison RT 2012 chauffée au gaz (selon le chiffre du ministère).

Pour l’association, «cette mutation vers les énergies décarbonées aurait pu être lancée depuis longtemps, car des solutions bas-carbone sont aujourd’hui disponibles et s’appuient sur l’industrie nationale : pompes à chaleur et autres systèmes électriques performants, solaire thermique, biomasse, géothermie, réseaux de chaleur vertueux». Elle estime aussi que «l’impact sur la pointe électrique des solutions électriques performantes dans les logements neufs restera marginal» grâce à la forte réduction des besoins en énergie et au développement des moyens de flexibilité.

Equilibre des énergies pointe toutefois 3 points de vigilance :

  • « La période de grâce alloué au secteur du logement collectif pour construire des logements chauffés exclusivement au gaz fossile doit s’achever impérativement en 2024 ;
  •  Les solutions carbonées ne doivent pas pouvoir contourner les obligations de la RE 2020 en achetant des certificats d’origine de biométhane comme le propose Méthaneuf. Cette dérogation serait en totale contradiction avec le renforcement de l’exigence climatique car dans la réalité, les logements construits grâce à Méthaneuf resteront alimentés par gaz fossile pour plusieurs décennies ;
  •  Le nouvel indicateur de la RE 2020, appelé «Cep non renouvelable», ne prend pas en compte les apports renouvelables véhiculés par le réseau ce qui revient à pénaliser l’électricité décarbonée dont une part importante, environ un quart, est produite par les barrages hydrauliques, les champs éoliens et photovoltaïques.»

L’AFPAC mobilisée

De son côté, l’Association française pour les pompes à chaleur (AFPAC) «se félicite des récentes annonces du Gouvernement au sujet de la RE 2020 visant à réaliser des bâtiments neufs peu émissifs, sobres et confortables en toutes saisons. Ces objectifs sont en cohérence avec les orientations de la Stratégie Nationale Bas-Carbone et de la Programmation Pluriannuelle de l’énergie. Ils répondent à l’urgence de réagir face à l’intensité du changement climatique et à nos enjeux sociétaux et environnement». La filière des pompes à chaleur sera au rendez-vous des échéances fixées par le gouvernement et se mobilisera pour leur réussite, assure l’association.


Syndicat des énergies renouvelables : une « ambition incontestable »
Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), quant à lui tout en restant attentif aux derniers arbitrages techniques, salue les orientations ambitieuses de la future RE 2020, « socle de la neutralité carbone dans le secteur du bâtiment neuf ». Concernant les matériaux de construction, le SER accueille avec satisfaction la volonté du gouvernement d’encourager le recours massif au bois matériau car les dynamismes des filières bois construction et bois énergie sont intimement liés et éminemment complémentaires. Le syndicat salue également la création d’un label d’État valorisant les projets dont les exigences seront celles des étapes suivantes de la RE 2020. Seule déception, la prise en compte limitée de l’électricité solaire produite sur les bâtiments neufs qui ne permettra pas d’accélérer le développement des technologies de réseaux intelligents.

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